Le macaque de Barbarie, un Magot à sauver !

Publié le par Iris Joussen


Article de : Iris Joussen, publié dans Science et Avenir, le 29 10 2016 

Plus que 8 000 Magots dans leurs pays d’origine, le Maroc et l’Algérie. Celui qui est officiellement devenu une "espèce très protégée" en octobre 2016 lors de la 17ème conférence des parties de la CITES mérite toute notre attention. 


Chronique d'une vie de Magot. 


Le magot, encore appelé macaque de Barbarie ou macaque berbère, est avec l’Homme, le seul représentant de l’ordre des Primates sur le continent africain et européen. Mais il pourrait disparaître de ce palmarès. En cause, la dégradation des habitats naturels due à la déforestation et le commerce illégal. Des mesures sont actuellement prises pour sa sauvegarde. La Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES) a interdit totalement son commerce international. Et fin octobre 2016, « La forêt des singes » de Rocamadour et « La montagne des singes » en Alsace, deux parcs de préservation de l'espèce, sont en pleine campagne de sensibilisation : 50 centimes sur chaque ticket d'entrée en faveur de deux opérations pour sa protection (sensibilisation des écoles au Maroc et programme de recherche en Algérie). L’occasion de rappeler tout ce qui fait la richesse et la complexité de cette espèce.


Une organisation bien établie


Ce plantigrade (mammifère marchant sur la plante des pieds) vit au sein de "communautés" dirigées par un mâle dominant. Il y a plusieurs familles au sein d’une même communauté et il existe même une hiérarchie entre ces dernières, chacune d’entre elles pouvant s’agrandir ou se diviser le plus souvent lors de la saison de reproduction. En effet, s’il y a trop de compétition pour l’accouplement, les mâles auront tendance à aller voir les femelles d’un autre groupe plutôt que de se reproduire avec l'une de leur famille.
Les filles "héritent" du statut social de leur mère et occupent une place hiérarchique proche d'elle. Pour les mâles, le statut social se crée de manière indépendante : jusqu’à 5 ans environ (passage à l’âge adulte) c’est l’âge qui créé la hiérarchie. Ensuite, sa place ne dépendra pas de sa force physique mais de sa faculté à créer et à entretenir de bonnes relations avec d’autres mâles du groupe.

Un riche éventail de comportements sociaux


Question reproduction, la femelle s'accouple librement avec les multiples mâles du groupe, et même parfois avec ceux du groupe voisin. La relation entre la mère et son enfant est très intense mais les mâles ne sont pas écartés pour autant et contribuent activement à l'éducation des petits. Présenter les nouveau-nés aux autres mâles de la communauté est même d'une importance capitale pour eux. Un rituel courant qui donnera lieu à des contacts directs et des claquements de dents amicaux. Autre pratique moins atypique mais très présente: l'épouillage. Son objectif n’est pas réellement de se retirer les poux mais d’exprimer une relation de confiance entre deux individus. Ce sera le plus souvent celui ayant un rang inférieur qui épouillera son congénère. Enfin, le jeu a une très grande place chez le macaque de Barbarie. Forme d’apprentissage tant sur le plan moteur que social, il est l'occasion de créer un cercle d’amis et de futurs alliés. 

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