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Avril 1980...


Juste avant les événements d'Avril 1980 le directeur en titre de l'usine SONELEC de Oued-Aîssi était parti en mission à l'étranger. Il m'avait désigné comme intérimaire.
Durant ces événements et à ce poste j'ai participé humblement et à ma manière au mouvement , je me fais un devoir d'apporter un tout petit témoignage à cet édifice monumental d'Avril 80.
La Kabyles sont dans la rue , très remontés contre le pouvoir qui a osé tabasser nos étudiants durant leur sommeil à deux heures du matin. Les Kabyles veulent en découdre avec ce pouvoir dictatorial. Le chaos est installé.
La grève est générale. Les usines sont occupées dont celle de SONELEC Oued-Aîssi.
Ma première mesure prise est de faire circuler la consigne de préserver l'outil industriel dont tire profit une grande partie des familles de la région. J'ai eu à mesurer le haut degré de conscience de nos travailleurs qui se sont organisés en défenseur de cet outil contre d'éventuels saboteurs. Une bataille de gagnée , celle la conscience professionnelle des travailleurs!
La deuxième mesure est de mettre à la disposition de certains " activistes" des véhicules pour sillonner la ville de Tizi-Ouzou afin de récolter un maximum d'informations pour les dispatcher dans les villages le soir venu car l'usine assurait le transport du personnel. Tout ce qui se faisait à Tizi-Ouzou était su le soir dans tous les villages. Inversement tout ce qui se passait dans chaque village était connu le lendemain par tous les travailleurs des autres villages. C'était le berceau de la vraie l'information , car celle du pouvoir était mensongère donc décrédibilisée. Une autre bataille de gagnée, celle de l'information !
L'Union de wilaya de Tizi-Ouzou de l'UGTA souhaitait tenir une assemblée avec les travailleurs à la demande de la centrale d'Alger. A cette époque du parti unique unique FLN, ce genre de souhaits était plutôt une instruction. J'organise à la grande cantine cette assemblée à laquelle avaient pris part l'ensemble des travailleurs ainsi que Mustapha Boudina , ancien condamné à mort dépêche par la centrale UGTA d'Alger , Achour Ouyed et Madjid Sidi-Said de l'Union de wilaya.
Les débats étaient houleux mais de haut niveau tant il s'agissait de démocratie , de liberté d'expression , de l'identité amazigh , de développement social...La soif de dénoncer, souvent avec véhémence, les interdits imposés par le pouvoir , la soif de la légitimation de l'identité Amazigh , la soif de réclamer le droit à une vie plus digne , la soif de... toutes les soifs ont été... criées. Le plus beau , c'était le courage de dire , la peur avait cédé... Je retiens, entre autres , l'intervention de cet ancien émigré en Belgique qui nous avait relaté le cas des langues usitées en Belgique pour établir un parallèle avec Algérie et souligner qu'il faut se battre pour Tamazight. Je retiens aussi l'intervention de Boudina qui avait affirmé, de mémoire " que la Kabylie avait une grande longueur d'avance sur le reste du pays ; alors qu'ici les travailleurs débattent de la démocratie , de la liberté d'expression , de l'identité etc... , ailleurs les réclamations sont d'ordre matérielles ". Cette assemblée , si elle avait pour but inavoué des autorités de retourner les travailleurs a fini par tourner en faveur de ces derniers. Encore une autre bataille de gagnée , celle de la solidarité et de défaite de la peur !
Le lendemain c'est le parti FFS ( le seul parti de l'opposition de l'époque , interdit ) qui me sollicite pour tenir une réunion dans l'usine . Je l'organise dans la petite cantine vu le nombre de personnes prévues. Je retiens , après débats et le consensus sur la conduite à tenir, la conclusion de Said Khélil : " c'est le deuxième congrès de la Soummam ! " Une autre bataille de gagnée , politique !
Et voilà le jour où le service sécurité de l'usine m'annonce que Matoub Lounès veut donner un concert dans l'enceinte de l'usine. Quelle joie ! Je mets la sono à sa disposition , je fais changer d'endroit aux bus de transport du personnel pour dégager le grand parking . Une autre bataille de gagnée , celle de l'identité culturelle Amazigh !
Vient le jour de ma convocation par le secteur militaire. Le responsable de cette instance me fait la "morale" de m'abstenir de "jouer" à l' opposant Amazigh , me conseille de veiller à ma carrière professionnelle car j'étais jeune et que je devais réfléchir au bel avenir qui m'attendait . " Tu es sur la liste pour être embarqué , mais je t'ai retiré. Sais-tu pourquoi ? Sais-tu qui je suis ? ..." non ! "Parce que nous sommes du même village et je m'appelle A.B. A toi de voir dorénavant "
Enfin le directeur attitré est de retour , il reprend ses fonctions sans avoir connu ces moments à la fois durs et surtout excitants d'avoir contribué un tant soit peu aux événements du printemps Amazigh d'avril 1980.
Quatre mois après naquit mon premier enfant que j'ai nommé ... Massinissa !

 

 

                                                     Khaled Ould-Rabah  , ce 20 avril 2020 ·

 

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 Printemps amazigh :

même la robe kabyle est menacée par l’islamisation

 

Il fut un 20 d’avril 1980. Un jour printanier pas comme les autres jours à Tizi-Ouzou. Ce jour, seul, a fait toute la saison du printemps. Oui, une hirondelle berbère fait le Printemps algérien ! Et un olivier (thazamourth) fait la forêt. Et un homme, seul, un argaz équivaut toute une armée ! Ce 20 avril 1980, Argaz était là, au rendez-vous de l’Histoire, un intellectuel visionnaire, il s’appelle Mouloud Mammeri. Il débarqua à l’université de Tizi Ouzou pour donner une conférence sur “La poésie kabyle ancienne” ! Une conférence qui ne ressemble pas aux conférences universitaires ronflantes. Le pouvoir, représenté par le wali, a ordonné l’interdiction de la conférence. Et le printemps a fleuri dans le bocage des mots et des vers ! Quarante ans après, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts ! 40 ans de questions ! Des tués : Massinissa Guermah et les 128 autres.

Des détenus : Saïd Saâdi, Djamel Zenati, Arezki Aït Larbi et les autres. La deuxième marche de l’Histoire a débuté après celle du 1er novembre 1954. De ces 40 ans de questions, trois réflexions peuvent être dégagées ! La première : la poésie est l’âme d’un peuple. Toute identité martyrisée trouve son refuge dans la poésie, la chanson et le conte. Fragile, la poésie est partie pour la révolution.

Et nous retenons de ce Printemps amazigh une leçon écrite sur une tablette divine : la poésie kabyle est baroudeuse ! Une conférence sur des vers a cassé la maison en verre du pouvoir ! Les despotes jettent les poètes dans les geôles ; les Nazim Hikmet, Moufdi Zakariya, Anna Greki, Bachir Hadj-Ali, Boualem Khalfa… Depuis Avril 1980, les poètes ont changé de statut ; ils ne sont plus les fous, les égarés, les dévoyés, les fourvoyés. Ils sont devenus les apôtres de la liberté. Leurs paroles ne sont pas délires, mais des prophéties.

Les vers font reculer les tanks ! Mouloud Mammeri, en ce 20 Avril 1980, nous a appris que la poésie est le lit de l’identité. La deuxième réflexion : de ce Printemps berbère, nous avons appris que la “régionalisation” n’est pas le “démantèlement” d’une nation. Quand la “régionalisation” est portée par la démocratie, elle est le ciment pour forger une nation forte et en bonne santé.

La “régionalisation” est le pas sûr vers une bonne gouvernance. Un pas avéré vers la concurrence positive entre les régions d’une grande nation. Une voie vers la transparence. Un engagement contre la corruption. Elle est la valorisation du génie local ! Le respect de l’intelligence locale. Ainsi, le Printemps berbère est un appel, pour tous les Algériens, à une révision fondamentale de notre Histoire.

Sans une lecture claire de notre histoire, notre avenir demeurera incertain ! Le Printemps berbère nous a alertés sur les riches composantes de notre nation, de notre Algérie plurielle. La troisième réflexion : après le Printemps berbère, et par peur de la démocratie, et afin de freiner la marche juste de l’Histoire, le pouvoir conservateur a tenté l’implantation de l’idéologie islamiste en Kabylie. Le président Chadli Bendjedid (1979-1992) a déroulé le tapis rouge pour les chefs les plus durs des Frères musulmans égyptiens.

Il est devenu un pantin idéologique, entre les mains d’un cheikh Mohamed Al-Ghazali et d’un Youcef Qaradaoui, accueillis en prophètes en Algérie ! Par ses émissions télévisées du lundi et ses prêches du vendredi, Mohamed Ghazali s’est montré chargé d’une mission politico-religieuse claire : l’islamisation de l’Algérie et tout particulièrement de la Kabylie. Une région qui, par son histoire moderne et par le Printemps berbère, est devenue symbole de rébellion. Bannière de la démocratie pour toute l’Algérie. Ainsi, les constructions des mosquées se sont multipliées, le nombre des salles de prières dans les universités et les lycées s’est accru.

Les associations religieuses poussaient comme des champignons dans les villes comme Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès, Alger… faisant voix de l’organisation mondiale des Frères musulmans. L’islamisation de la Kabylie, qui se prolonge durant l’ère de Bouteflika, visait à étouffer l’âme du Printemps berbère. Les Frères musulmans voulaient remplacer l’islam amazigh, connu par son ouverture, par un autre islam importé, violent, intolérant. Après l’islamisation des espaces citadins et ruraux kabyles, ils tentent d’islamiser la robe kabyle.

Cette robe chargée d’histoire et de cultures. Oui, la robe kabyle est menacée par l’islamisation. Et pour terminer : j’appelle les intellectuels, les universitaires, les artistes, les artisans et les associations féminines à faire pression sur le ministère de la Culture et celui du Tourisme pour inscrire “la robe kabyle sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco” afin de faire barrage à tout viol islamiste contre un symbole féminin capital. 

  Source                                          Amine  Zaoui      aminzaoui@yahoo.fr   

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Par Mohamed A. Lahlou dans un entretien avec Ahcene Khellas du Journal « Eldjezair Hiwar »
20 Avril 2017

Ahcéne Khellas : Pouvez- vous nous raconter comment vous avez vécu les événements du printemps berbère 1980 et nous relater leur contexte politique ?

Mohamed A. Lahlou : Ce fut un moment que les militants de la cause amazighe attendaient depuis plusieurs années. La revendication pour les droits linguistiques et culturels remonte, en effet, aux premières années de l’indépendance. Dès les années 1960, des lycéens et des étudiants d’Alger et de Kabylie ont pris conscience de la nécessité de s’organiser pour défendre la langue amazighe. C’est le moment où ont commencé à se constituer les premiers mouvements de contestation d’une manière encore embryonnaire, il est vrai, en raison du contexte politique de l’époque marqué par la répression violente des oppositions au régime de Ben Bella, puis de Boumediene. La période entre 1962 et 1980 a été marquée par une stratégie de destruction de tout ce qui pouvait rappeler la langue et la culture amazighes, y compris au prix de la manipulation de l’histoire et de la sociologie de l’Algérie. Porté par le courant baathiste et les velléités hégémoniques nassériennes, le pouvoir avait pris des décisions telles que l’interdiction des enseignements de la langue amazighe à l’université et la suppression de la chaine de radio en Kabyle qui ne pouvaient que provoquer une réaction d’opposition de la part des berbérophones, plus particulièrement en Kabylie qui avait déjà connu une violente répression entre 1962 et 1965. Le printemps amazigh de 1980 est donc le résultat d’un long murissement politique et culturel ; l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri a été un élément déclenchant d’une protestation qui germait depuis plusieurs années. Il faut ajouter cependant que tout en ne se revendiquant d’aucun parti politique de l’époque, les manifestations du Printemps amazigh ont été portées par des militants qui étaient en même temps sensibles aux idéaux du FFS qui avait inscrit la revendication amazighe, dans sa plateforme politique de 1979. Donc le Printemps amazigh d’avril 1980 a été le résultat des luttes menées depuis l’indépendance, sans oublier celles menées par le courant dit « berbériste » des années 1940, l’Académie Berbère et des écrivains et artistes tels que Mouloud Mammeri, Taos Amrouche et bien d’autres encore.

Ahcéne Khellas : Apres 37 ans du printemps berbère quel bilan peut-on faire de ce long parcours de la revendication amazigh ?

Mohamed A. Lahlou : Le bilan a été malheureusement trop lourd, marqué par des centaines de morts, des milliers de blessés, des centaines d’emprisonnés et d’exilés. C’est un parcours qui a été jalonné de ruptures au sein de la société algérienne du fait d’une répression violente à l’égard d’une partie de la jeunesse algérienne et de la Kabylie qui avait déjà payé un prix très lourd à la libération de notre pays et à la défense de la démocratie. Le pouvoir a, pendant trop longtemps, joué avec le feu en manipulant le discours anti-amazigh et anti-kabyle plus particulièrement. Au lendemain du 20 avril 1980, le pouvoir n’a pas eu le courage de rétablir l’ordre des choses en redonnant sa place à l’identité amazighe originelle de l’Algérie. Certains discours ont attisé les conflits au lieu d’apporter les réponses qu’imposait la réalité historique, culturelle et linguistique de notre pays. Le déni de l’amazighité de l’Algérie n’a servi à rien, sinon à fragiliser la société algérienne.
La reconnaissance de la langue amazighe en tant que langue nationale et officielle constitue une avancée normale et très importante. C’est un acte qui doit être inscrit dans son irréversibilité. Des mesures ont été prises par le système éducatif pour donner sa dimension nationale à la langue amazighe ; elles constituent une réappropriation légitime de l’identité amazighe de l’Algérie. Ce sont des mesures positives. Des voix s’élèvent cependant pour mettre en doute les intentions du pouvoir. Les militants de la cause amazighe demandent encore plus de signes qui confirmeraient qu’il ne s’agit pas de manœuvres sans portée pour l’avenir. C’est à ce niveau que cette reconnaissance ne doit pas rester une reconnaissance de papier, sans effet sur le terrain. Là aussi des mesures doivent être mises en œuvre pour une plus grande visibilité de la langue amazighe dans la vie quotidienne et au niveau des indicateurs sociaux. En quelque sorte, il est attendu des décisions encore plus fortes pour faire participer la langue amazighe dans tous les secteurs de la vie publique.

Ahcéne Khellas : La commémoration de l’événement intervient dans un climat caractérisé par la diversité d’approches et des divergences politiques. Voyez-vous ce climat comme un facteur positif pour la promotion de la revendication identitaire ?

Mohamed A. Lahlou : La commémoration du Printemps amazigh, cette année, intervient dans un contexte politique, économique et social complexe et incertain ; elle intervient également après une longue période de dépolitisation au sein de la société et à un moment où la classe politique a perdu de sa crédibilité auprès des citoyens. Tout cela crée un malaise qui a des conséquences non négligeables sur la manière de percevoir et de réagir aux évènements socio-politiques. La revendication amazighe n’échappe pas à toutes les turbulences que vit notre société. Certains partis politiques, s’ils affichent leur adhésion pour la reconnaissance de l’amazighité de l’Algérie, restent encore dans une argumentation qui n’est plus d’actualité ; d’autres qui étaient à l’avant-garde de cette revendication semblent privilégier l’action politique au détriment de la revendication culturelle. Ce qui interpelle encore plus ce sont les discours qui posent en même temps que la revendication culturelle celles de la régionalisation, de l’autonomie régionale ou même de l’indépendance. Ce sont des discours qu’il ne faut pas ignorer et qu’il faut aborder avec beaucoup de sérieux et d’intelligence. Ce sont des discours qui, sans fragiliser la revendication amazighe, créent un malaise dans l’unité de l’action. Il est important de créer des espaces d’échanges et de réflexion au lieu de terrain de confrontation. Sur ce plan, les militants de l’amazighité ont acquis la maturité nécessaire pour ne pas sacrifier la cause amazighe aux divergences idéologiques.

Ahcéne Khellas : Comment voyez-vous la politique de l’Etat vis-à-vis de la langue et culture amazighe ?

Mohamed A. Lahlou : La décision de la reconnaissance de la langue amazighe en tant que langue nationale et officielle est une décision politique importante ; elle marquera l’avenir de l’Algérie en tant que nation et culture. Il est indispensable maintenant d’aller plus loin en levant toute ambigüité au niveau des intentions, des propos ou des textes qui viseraient à limiter la portée réelle de cette reconnaissance. L’Etat doit agir pour assurer, d’une part l’unité du peuple algérien autour de son authenticité historique et de son identité et d’autre part l’égalité entre les citoyens en luttant contre toute discrimination qui remettrait en question les droits acquis. Sur le terrain de la pratique, il faut que le système éducatif mette en place les moyens pédagogiques qui permettront aux élèves la connaissance de l’histoire réelle de leur pays et de se reconnaitre en tant que citoyens algériens. L’Etat doit faire jouer à l’environnement immédiat des Algériens le rôle de porteur des acquis linguistiques reconnus à la langue amazighe. L’enseignement, les enseignes des ministères et établissements publiques, les indications routières ou autres accessibles aux citoyens doivent faire partie des engagements de l’Etat vis-à-vis de la langue amazighe.

Ahcéne Khellas : Reste- t-il aux partis politiques qui ont porté la revendication amazigh depuis les premiers temps quelque chose à faire pour la langue et la culture amazighes ou bien il est temps de laisser le travail pour les hommes et femmes de la culture ?

Mohamed A. Lahlou : Pour aboutir une revendication culturelle, comme toute autre revendication a besoin d’être portée à la fois par des intellectuels et des hommes et femmes de culture mais également par des personnalités politiques conscientes des réalités et des enjeux. On attend donc des partis politiques qu’ils jouent leur rôle dans la défense des droits des citoyens en matière d’accès à la langue et à la culture amazighes ; il ne faut donc pas que les partis politiques sacrifient les revendications légitimes à des tactiques électoralistes. Nous avons, en outre, besoin, en Algérie, d’hommes et de femmes de culture qui produisent et diffusent le savoir certes, mais aussi qui s’engagent en étant à l’écoute de leur société et en s’adressant à leur société pour porter les valeurs de liberté et de progrès.

Ahcéne Khellas : La revendication amazigh est restée pour longtemps une revendication politique régionale et voire locale (la Kabylie) peut-on maintenant réaliser un synergie nationale et nord-africaine pour promouvoir l’expression amazigh ?

Mohamed A. Lahlou : La Kabylie qui a porté la revendication amazighe, comme elle a porté la revendication nationale et démocratique a, incontestablement, gagné le pari de redonner leur amazighité originelle à l’Algérie et à l’Afrique du Nord. C’est ainsi que cela se passe partout dans le monde, des groupes comme des régions prennent l’initiative de luttes qui se diffusent plus largement pour devenir des luttes et des victoires collectives. Il est incontestable qu’il y a maintenant une prise de conscience de la part des Algériens qui s’acceptent en tant qu’amazighs et qui se sont approprié leur identité et leur histoire. Il est évident qu’il y a également une prise de conscience de leur amazighité par les Nord-Africains ; il suffit pour cela de voir comment se manifeste la revendication amazighe en Libye, en Tunisie et au Maroc. La revendication amazighe est en train de contribuer à forger l’unité politique et historique de l’Afrique du Nord ; c’est un fait social incontestable qui se manifeste aussi en même temps que la revendication démocratique. L’espace amazigh devient un espace unificateur.
                                              (La version en langue arabe est également publiée)

Le Printemps Amazigh 1980
Le Printemps Amazigh 1980
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