At Yanni, mon village

Publié le par Med Tabeche

Par Lghotti Nekmouche le, 04 mai 2017

Région de la haute Kabylie, au centre du massif central kabyle. Sept villages, At Lahcen, At Larva, Taourirt Mimoun, Taourit El Hadjadj (Taxavit ), Agwni Hmed, Tigzirt, Tansaut et les hameaux Taourirt Isulas, Taourirt Khelf, donnent à cette agglomération, l’appellation At Yanni. Un savoir faire, la bijouterie en argent et une pépinière d’hommes de sciences et de lettres font d’At Yanni un pôle du savoir. La région est très visitée, le touriste est bien accueilli, sa curiosité satisfaite, il repart satisfait.

Village de mon enfance, mes souvenirs sont vivaces. La vie du village, les parents, l’école ont sans doute façonné l’adulte que je suis. Quelque soit l’itinéraire suivi, les gens d’At Yanni partagent l’amour de leur village, des valeurs communes et une certaine façon d’être. La pondération et le juste propos les caractérisent.

Des générations d’enseignants (je ne cite aucun nom, au risque d’en oublier) ont essaimé la Kabylie, distillant savoir et connaissances, éveillant l’esprit et inculquant l’amour du prochain à leurs élèves. Une école d’enseignement général (l’école Verdy) a vu le jour à At Yanni en 1883.

Des générations d’artisans ont développé et entretenu un savoir faire, la bijouterie, qui fait d’At Yanni la référence du bijou en argent, notamment émaillé. Déjà, au siècle dernier, nos artisans ont participé à des expositions universelles où ils ont été primés. Du bijou à la fausse monnaie, ils ont fait vaciller la Régence Ottomane d’Alger.

Des écrivains, pour ne citer que Mouloud Mammeri, ont contribué au développement de la littérature francophone en Algérie. Par ses écrits et ses recherches, Mammeri, revisite ses origines berbères et fait des émules. Il est le fer de lance de la revendication identitaire berbère. La Kabylie, région rebelle, aux manipulations de l’histoire a fait de lui un leader incontesté.

Cheikh Mohand Oul Mokhtsar, après la disparition de Cheikh Mohand Oul Hocine, devient le chef spirituel de la Tariqa Rahmania. Il prône un islam humaniste, généreux et pragmatique, en harmonie avec les us et coutumes de la région, ses Khouans sont nombreux. Son mausolée, àTansaout, demeure à ce jour un haut lieu de pèlerinage (Ziara). » Aman n Chlkh », une eau bénite, dont, toute nouvelle mariée d’At Yanni, en boit une gorgée et en est aspergée de quelques gouttes avant de quitter le domicile parental . Pour une vie heureuse et féconde.

Mohammed Arkoun, philosophe et islamologue, sa pensée islamique est universellement reconnue et enseignée. Pas très apprécié dans les pays qui utilisent la religion à des fins politiques, il a préféré s’illustrer à travers les plus prestigieuses universités de la planète.

Idir, appelant le ainsi, par ses complaintes mélodieuses, nous ramène dans la Kabylie d’une certaine époque et nous berce dans les souvenirs de notre enfance. La revendication identitaire, n’est pas en reste dans ses chansons. Son œuvre est universelle.

Un clin d’œil aux peintres qui arrivent, à la recherche de reconnaissance. Les peintures de Mohamed Tabeche et de Ouiza Achab attirent particulièrement l’attention. Elles sont douces et agréables à regarder.

Bien d’autres, connus ou anonymes, d’ici ou d’ailleurs, chacun dans son domaine, rendent hommage à leur village par leur travail. Ils sont la fierté de la région

Je n’en doute pas que chaque chapitre de ce récit est susceptible d’être amélioré et développé à souhait, ce qui permettrait de découvrir davantage notre beau village At Yanni

Lghotti Nekmouche

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