Au gré des randonnées

Publié le par Med Tabeche

Article : Lghotti Nekmouche 

De L’Akfadou au Djurdjura, hiver comme été, en automne ou au printemps, vent, neige, pluie ou soleil ardent, le randonneur va gaiement. La randonnée est séduisante, la marche bienfaisante, le corps se détend, l’esprit est vagabond, c’est la totale communion avec l’environnement. Survolons notre belle région. Une balade, que j’espère instructive et agréable. 

“Agwni Izeghrane“ lac Zoghra, un endroit apaisant où seuls, le murmure du vent et le clapotis de l’eau sont vos compagnons. Sur ses bords, tel un ballet de sirènes, le reflet des arbres sur l’eau vous invite au silence à la contemplation. Ecouter le silence, c’est entendre parler son âme, un moment privilégié où l’individu se retrouve face à lui même. L’endroit est magique, la sérénité vous enveloppe, l’esprit se repose.

De M’haga, l’amie, à l’incontournable lac noir, la belle forêt de l’Akfadou vous y emmène, elle vous englouti dans ses méandres, au travers des chemins ombragés. Les hauts chênes cachent le ciel, un jeu d’ombre et de lumière égaye le parcours. Tout autour de nous, des couleurs, du jaune à l’orangé, illuminent le sombre du sous bois, telles des notes de musique ponctuant cette mélodie qu’est la forêt de l’Akfadou. Mystérieuse et sensuelle, elle se laisse découvrir par son soupirant le randonneur.

Le lac Agulmim situé au cœur de la montagne à une altitude de 1700 mètres d'une superficie de trois hectares, peu profond et gèle en hiver. Quelque soit l'itinéraire emprunté pour le rejoindre la route est longue et escarpée. Une envie de montagne et des jambes solides sont d'excellents atouts pour s'y risquer. Tel un saphir posé sur un parterre verdoyant, le lac est magique, un joyau au cœur de la montagne, les yeux apprécient, les oreilles écoutent, l’esprit se libère ; la montagne vous gagne.

La main du Juif “Taletat“, cette barre rocheuse, fascinante, par ses aiguilles en forme de doigts et ses falaises, elle est le Djurdjura. Revêtue, de ses plus beaux atours, belle et altière toute l’année, mais en hiver elle chaloupe sous son manteau blanc pou nous faire découvrir les reflets argentés sur ses flancs. Sur elle un soleil rayonnant, elle toise Lalla Khedidja en la titillant : “Miroir mon beau miroir, qui de nous est la plus belle…“

La grotte du Macchabée est entourée de mystères et de légendes, Son entrée, creusée dans la falaise surplombe un précipice. Ne jamais se retourner, c’est le vide, c’est le précipice, l’escalade est des plus pénibles. Munis de torches, nous pénétrons dans le ventre de la montagne, la grotte est fraîche, il fait froid. Très vite, il fait noir, pas un rayon de lumière, le sol est humide et glissant. Elle est spacieuse, large, son plafond est très haut lassant tomber des gouttes d’eau. De nombreuses chauves souris colonisent les parois et le plafond. Des stalactites et stalagmites ajoutent de la magie aux mystères et aux légendes qui l’entourent. Le macchabée, un corps humain conservé à l'état naturel depuis des siècles au fond de cette dernière. Cette grotte a été découverte en 1923. Elle est dénommée aussi “Lghar n temdhint =Grotte de la ville“ ou encore “Ifri Maareb = Grotte du Magreb“.

“Azru n Dhur“, un belvédère, culminant à 1883 mètres d’altitude. Il offre une vue circulaire sur les beaux paysages de la région d’une part et c’est le mont qui exauce les vœux autre part. Je suppose que chacun des amis randonneurs a fait son vœu tout comme moi. Avec mes amis, cette année, j’ai vécu des moments magiques et merveilleux. J’ai aussi connu des personnes magiques et merveilleuses. Mon vœu est de toujours garder un goût de miel, de ces moments et de ces personnes, ils occupent une place de choix dans mon cœur. Leur évocation est toujours un moment de pur bonheur. Les vœux sont divers et multiples, faciliter une grossesse qui tarde à venir, demander guérison, apaiser des esprits tumultueux, réussir à un examen…. et surtout faciliter un mariage pour les personnes qui éprouvent des difficultés à trouver l’âme sœur. Ce mont est visité à longueur d’année “ziara“. En été, de grandes cérémonies sont organisées, une “ziara“ collective à l’occasion d’une “wada“. Des bœufs sont immolés et des repas servis aux visiteurs. Les gens affluent de toute la Kabylie. Il y a un brassage de la population, les visiteurs se côtoient les uns les autres et le contact entre jeunes gens des deux sexes est toléré, facilitant ainsi une approche pour une future union. Pour les esprits critiques, c’est plutôt ce brassage, qui facilite les futurs mariages et non “Azru n Dhur“ qui exauce les vœux, à chacun sa lecture. “Azru n Dhur“, restera dans la mémoire collective, comme le mont qui exauce les vœux, le mont des miracles.

La randonnée est un loisir, un sport doux de montagne et un espace convivial. C’est un privilège de faire partie d’un groupe de randonneurs, discipliné. La bonne humeur, le partage, le rire et le sourire sont nos habituels compagnons.

Photo, une toile inachevée de Md Tabeche, Texte, Lghotti Nekmouche

Commenter cet article