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Djafer Messaoudi 

Covid

Laqwada (la connerie en algérien bilingue)

«La mort règle tous les problèmes y compris le problème de la mort lui-même» E.M Cioran in : De l’Inconvénient d’être né.
Aldjaiha : la pandémie ; loin d’être djaiha (sotte, niaise, ) covid est une véritable académie des sciences ; un concentré de toutes les sciences profanes et religieuses : Al Azhar, Azzitouna, le MIT, l’université de Gottengen, la Silicone Vallée ; mais ou est- il à part sous le microscope ? Et bien dans des cellules animales et humaines et plus ,là ou « la main de l’homme passe et repasse »; avec sa couronne il détrône le Négus , Louis Quatorze et Nabuchodonosor et n’a rien trouvé de mieux que de venir se loger dans le rhino pharynx de qui vous savez ; son château de Versailles ; là il fait la sieste avant d’opérer une plongée dans les profondeurs , dans les poumons pour respirer le grand air et te faire étouffer par toi-même, il n’est que la cause qui déclenche le processus de mortification , la main ordonnatrice ; en clair le grand stratège et on ne peut même pas l’inculper directement puisque c’est ton immunité qui est en cause. La « modernité » a enjambé l’humain et étouffé son rêve , inséré dans tous les protocoles médicaux, économiques, politiques, culturels …il voit sa liberté confisquée et son essence même dénaturée ; la longévité presque artificielle a contrarié la nature ; on vit plus longtemps mais plus mal ; le troisième âge est une succursale de la pharmacie, carrément un CHU ; la sélection naturelle a pris un coup et le virus arrive comme Le Grand Eboueur. Cinq pour cent des êtres humains sont faisandés, ce qui fait à l’échelle de la planète quatre cents millions d’individus, ce qui représente environs vingt millions de tonnes de viande avariée ! Le virus n’a plus qu’à s’attabler avec la courtoisie d’inviter des milliards d’autres microbes toute spécialité confondue. Le banquet !
Je me demande si la Chemma ce tabac à chiquer pourrait lui être fatale ; logée en général sous la lèvre supérieure, elle diffuse dans le rhino pharynx sans doute comme un antiseptique peut être comme un virucide ; les voies de la recherche n’étant pas notre apanage, les paris sont ouverts .Il se trouvera bien un Docteur qui en fera une panacée et dira que c’est la Providence qui l’a guidé sur les chemins de cette miraculeuse trouvaille. La Chemma conditionnée en pharmacie avec un label locorégional. Certains affirment qu’elle contient de la chaux et du crottin de cheval mélangés à de l’urine de chamelle ; de quoi dégoûter le virus ou tout au moins l’amadouer. Et puis vint le crachat !
Je souffre de bronchite chronique ; séquelles d’un ancien tabagisme, mon médecin appelle cela une BPCO un mot barbare qui peut rappeler un club de football ou une compagnie aérienne ;je fais des cures d’antibiotiques tous les trimestres à plus forte raison en ces temps ou les chambres à air sont menacées car si par mégarde je prends les vessies pour des lanternes je risque de me retrouver en confinement sous terrain .Le covid c’est une toux sèche m’a informé mon médecin ; le virus semble juste te chatouiller au début, un jeu ; juste pour rire ; ce qui me rappelle les contes de mon enfance ; pour rester sage, ma maman me racontait les histoires de Taryal une ogresse qui vient chatouiller les petits enfants avant de les manger s’ils ne restent pas tranquilles .Covid Taryal ,quelques points communs ; parfois l’imaginaire n’est pas loin du réel !
Se laver les mains plusieurs fois par jour pour sept milliards d’individus avec de l’eau et du savon à condition d’avoir les deux ce qui est loin d’être évident sachant que quarante pour-cent de la population mondiale manque mortellement d’eau. La belle blague ! Hygiéniste le virus !
Mon fils grand seigneur m’a offert pour mes soixante dix ans un pulvérisateur et des masques et même un masque de chantier comme quoi l’affaire est hautement sérieuse ; le chantier covid est déjà pharaonique donc je pulvérise masqué ce qui fait sourire et ma famille et mes malades ; étant discipliné j’essaie d’appliquer les consignes et pour une fois qu’elles sont internationales alors j’y vais comme un citoyen du monde ; à la guerre comme à la guerre. Souvent l’appareil se bouche pour cause de cristaux alors là je m’énerve ce qui fait rire le virus ; dans la précipitation il m’arrive de toucher mes vêtements ; désormais mes chaussures et mes pantalons ont l’aspect tigré ou léopard tachetés comme pour un camouflage ; voilà le virus nous fait inventer un nouveau look la mode covid –panthère et lorsque nous nous appareillons pour la circonstance les Martiens risquent de nous prendre pour leurs cousins.
La solution aurait été plus simple si avec des Canadairs que nous n’avons pas, remplis d’eau de Javel, nous pulvérisions le pays jusque dans ses plus petits recoins ; un crachin salvateur venu du ciel.
Je travaille ; tout le monde est suspect moi compris ; la méthode a changé ; à défaut d’avoir tout le matériel jetable (stéthoscope, tensiomètre , blouse ,toubib…) il faut se contenter de l’interrogatoire l’anamnèse pour les initiés ; la première chose qu’on nous enseigne à l’université. cela vaut tous les examens cliniques et autres examens complémentaires ; une forme de maïeutique ; insister pour que le malade sache explorer son corps; le médecin n’a plus qu’a faire la synthèse prescrire et expliquer : Un nez pour respirer une bouche pour s’alimenter et accessoirement pour parler , une plomberie hautement sophistiquée ! En sus ,des mains qu’il vaut mieux tenir dans ses poches . On pourrait même envisager de suturer la bouche et de ne laisser qu’un petit orifice pour l’alimentation par sonde gastrique ; dans un passé récent la loi révolutionnaire avait coupé nez et lèvres pour les récalcitrants ; à l’époque, pour le coup, le covid c’était le colon .
L’être humain n’est finalement qu’un tas de merde ; s’il est constitué de soixante dix pour cent d’eau privilège et pureté originels, le reste est de la pourriture : caca, pipi, sueur, sperme, menstrues, morve, crachats ; aucun croyant de quelque religion qu’il soit ne peut s’imaginer que même les prophètes vont aux toilettes autant que Donald Trump , Néfertiti, le prince d’Arabie, le pape François ou le dernier clochard du Bronx. Nous sommes une boite de Pétri, un parfait immondice, l’idéal pour la prolifération des microbes. Ça pue l’homme doivent penser les oiseaux !
L’homme aux orifices suspects : Laqwada !
J’ajuste mes yeux sur mes lunettes plutôt sur mon monocle car l’œil gauche voit zéro ; une cataracte qui devait être opérée en janvier après l’œil droit lui-même opéré en juillet attend l’autorisation du virus ; alors avec le masque, la buée m’empêche de voir. Voilà donc l’homme à la découverte de son corps ; devenu tellement astucieux que toute sa mécanique est conditionnée il est désormais telle une centrale d’énergie ,une batterie ; son QI va dépasser largement la moyenne jusque là admise s’il rationalise son nouveau comportement . Quelle est belle la nature, l’infiniment petit à l’origine d’une re –création une nouvelle civilisation ; retour à la genèse, au tout début, avant l’homme, il y avait la bactérie .L’Homo Misérabilis fait son érection ! L’homme remonte au singe a conclue mon fils.
On compte les morts, on conjure la mort en oubliant que nous sommes périssables que nous sommes condamnés à mort à l’instant même de notre conception ; les deux guerres mondiales précédentes ont fait soixante millions de morts ; on en a retenu quelques petits millions pour créer un mythe qui hante l’humanité et qui bloque la marche de l’histoire ; le reste est sous- classé dans les dommages collatéraux ! Soixante millions de morts comme ça pour rien presque naturellement et on n’en finit pas de faire des guerres. Il y a pénurie de masques ! Le coca cola est en distribution ininterrompue partout sur la planète même dans des contrées insoupçonnées aux confins de la brousse ; de même pour les kalachnikovs , la cocaïne ; on vous donne la mort à profusion ;pour la vie ILS y penseront au moment opportun, leur opportunité bien sur !
Tous masqués ; il faut désormais s’habituer a cette prothèse ; comme les lunettes, les dentiers ou les slips, les soutient- gorges ou les préservatifs ; ça a quand même l’avantage d’éviter la parlotte ; ne parler qu’en cas de nécessité absolue une grande avancée pour l’humanité ; le lexique va être réduit à de simples onomatopées ; économie d’énergie et de salive on reviendra au langage des signes comme à l’aube innocente de l’humanité ! Puis on dira : l’homme notre lointain ancêtre !
La distanciation sociale est un terme inapproprié ; le temps de l’apartheid est de retour ; un rappel de l’Amérique ségrégationniste, de l’Afrique du Sud, des Intouchables en Inde ; on a corrigé : distanciation physique avec un décamètre à la main et un topographe pour contrôler .
Quant au port de la bavette (régression féconde) ou du masque, la radio annonce : « il sera obligatoire à partir des DEUX jours de l’Aid » ? Deux points de départ pour UN seul et même départ ! Il faut avoir le don d’ubiquité ou vivre dans la quatrième dimension Einstein en perdrait sa Relativité ! Voilà l’Algérien dans sa plénitude, abruti dans la masse et brillant dans son individualité .La masse entraîne l’inertie ; hors d’elle , l’individu libéré est capable de résilience. Interdire tout regroupement au-delà d’une personne ! Un slogan qu’il faut méditer
L’homme tient plus à ses privilèges qu’à sa vie - au sens chronologique-, quant à la vie au sens cosmologique c'est-à-dire la nature, l’univers, il n’en a cure ; il peut accepter de se faire couper le doigt plutôt que de lui soustraire la bague qui le porte car dans ces apparences, c’est la bague qui porte le doigt. Et tout n’est qu’illusion.
« Est- ce ainsi que les hommes vivent… »
Bonne fête de l’Aid de préférence sans chloroquine.

 

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Aux confins du confinement 

Avant-hier, la température dans la région galopait à 31 degrés ; impossible d’aller arroser les plants d’olivier plantés il y a deux mois à Thiwririne (pluriel de tawrirt qui veut dire colline), une propriété ancestrale située à une quinzaine de kilomètres au Sud-est du lieu de ma résidence et de mon travail. Le village est bouclé : état de siège pour cause de corona-vigilance ; tous les villages procèdent de la même stratégie ; l’auto confinement avec contrôle des entrées et des sorties ; désinfection des véhicules à la clé ; une bonne chose qui suppléait aux carences de l’État ; une autogestion que l’on croyait perdue augurant d’une possible autonomie à méditer ; à moins que ce ne soit qu’un repli atavique, une réaction primaire par instinct de survie ce qui est le propre et de l’homme et de l’animal ; parfois l’instinct grégaire a des vertus ; mais…Quid de la nation !

En dehors des villages, au niveau des centres semi urbains qui appartiennent à tous et à personne, au Beylik pourrait-on dire, ce reliquat logeant au fond d’une mémoire tatouée, carrefour des lieux administratifs et commerciaux sans âme, orphelins d’une tutelle combien même y siègent administration et police ; des poches en dilution identitaire au cœur d’une Kabylie qui sait reconnaitre les siens en temps de crise ; les siens bien sur. Hors des villages donc, comme si de rien n’était la vie continue de ronronner en refilant le danger à ceux qui veulent bien y croire ! La catastrophe est elle évitable ?

Sorti faire les courses aujourd’hui, une fine pluie tant souhaitée se mit a tomber de bon augure ; le peuple, aussi grand et aussi valeureux que ce qu’il en pense de lui-même vaque ou vague ; la plus part porte un parapluie ; ne pas se mouiller, ne pas prendre froid, frileux depuis que le burnous est remisé aux antiquités ; le burnous, l’ancêtre m’a rappelé qu’avec sa capuche ou un de ses pans on peut se voiler la face.

La majorité ne porte ni bavette ni masque et ceux qui en portent les portent mal. Une forme trop risquée de désobéissance enfouie dans la mémoire d’un peuple qui a l’habitude de mourir pour rien et de vivre également pour rien. Inconscience, légèreté ou déni de la réalité, les psychiatres ont du pain sur la planche !

Au niveau des magasins reconfigurés pour la circonstance, blocage de l’entrée par un pseudo comptoir en guise de ligne rouge, les clients sont amassés, tassés ; discutent, vocifèrent, rient ; les premiers de cordée se vautrent carrément sur le balustre prêts a faire la sieste ou a jouer une partie de ray-ray ou de saute–mouton ; le plus vieux balance sa chique d’une pichenette qui manque d’atterrir sur la tète d’une dame occupée a tirer son gamin en lui promettant de lui acheter des kinders . En terme de surprise il risque d’en avoir pire !

Mouchez vous dans un mouchoir en papier puis jetez le rappelle la speakerine ; le jeter ou ? Le détruire, le bruler, mais le jeter, il peut atterrir dans la voiture d’un automobiliste, entre les mains d’un enfant ou sur la fenêtre du voisin .Disséminer le virus : tel « le geste auguste du semeur ». Pédagogie de forcing s’il en faut, nous n’avons pas étés formés à la dialectique. Tout est à revoir, tout est à repenser si tant est qu’un jour nous avons pensé !En dehors de singer les Autres, de pratiquer du mauvais plagiat, il est temps d’innover : inventer des techniques pour parer au tsunami de crachats qui inondent cette terre supposée bénie

Les structures sensées mettre en œuvre une stratégie pour combattre sinon parer à la pandémie sont aux confins du confinement ; ni le ministère de tutelle, ni la direction de santé de wilaya, ni celle de Daïra ni celle communale, ni le conseil de l’ordre, ni l’APC n’ont donné signe de vie ; l’unique visite à laquelle j’ai eu droit début Mars est celle d’un vaguemestre venu me remettre un laïus illisible probablement copié d’une plateforme d’internet traitant vaguement de la question ; au cours du mois d’avril, le factotum de la polyclinique se présenta à deux reprises à dix jours d’intervalle m’invitant à apposer ma griffe sur une feuille de présence ; un pointage qui me met en résidence surveillée alors que je suis ma propre sentinelle depuis plus de quarante ans. Une bureaucratie qui se contente d’un papyrus qui ne vaut qu’à l’instant T mais qui sauve les apparences à défaut de sauver des vies. La chaine de transmission bureaucratique fonctionne à plein régime mais n’engage que la paperasse en encombrant les archives pour une histoire biaisée d’avance. L’art de diluer les responsabilités est chez nous structurel et a pour conséquence de fausser toutes les données.

Il s’agit de mettre en place une véritable stratégie de guerre incluant tous les médecins indépendamment de leur statut en un point de consultation pilote pour ne pas disperser les énergies et d’orienter tous les malades présentant des symptômes suspects en un seul point pour ne pas disséminer le virus ; ceci est possible au niveau de chaque EPSP, l’ensemble sous une direction commune en coordination avec le CHU . Ceci est un soliloque ; quand personne ne m’écoute, j’aime parler à moi-même.

Une partie de l’armée médicale est en déshérence ; les médecins libéraux qu’on appelle par dérision ou par mépris « cabinards » sont totalement mis hors jeu excepté pour la critique. Impliqués ou pas individuellement chacun en son âme et conscience travaille dans la plus grande des solitudes au nom de l’éthique, de la solidarité et de la citoyenneté

Ni éthique ni déontologie : la messe est dite ! J’appelle le bureau du conseil de l’ordre par simple curiosité ; la secrétaire me répond aimablement que le président du conseil de l’ordre est absent ; elle me communique son numéro personnel ; je l’appelle pas de réponse ; niet. Comme tous les présidents il a appris la leçon ; celle de l’autruche et la bonne manière de s’étirer sur le fauteuil.

Je me dois de dire que je fais partie avec un groupe de confrères de ceux qui en mile neuf cent quatre vingt six (1986) avions créé le premier conseil de l’éthique et de la déontologie – dans une semi clandestinité - car il fut un temps ou la vertu se cachait - c’était au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou. Suite aux pressions politiques, administratives et policières il n’a pas fait long feu mais les précurseurs ne s’attardent jamais sur une paternité ou quelques honneurs ou reconnaissance ; nous avions fait ce qu’il fallait faire.

L’ envie de fermer définitivement mon cabinet me taraude ; renoncer à toute activité médicale me vient à l’esprit n’était-ce la conjoncture car au final une fois la pandémie passée par la lassitude du virus , les nouveaux anciens moujahidine de la santé seront portés aux nues et bénéficieront certainement d’une pension ; pas tous bien sur, ceux qui sont déjà entrain de s’inscrire sur des listes en sous mains ; les autres seront taxés de traitres et de harkis oubliant du coup qu’aucune stratégie d’inclusion n’a été mise en place . Ni concertation, ni convergence ni même information.

Radios et chaines de télévision ressassent depuis deux mois les précautions et les mesures barrières dans les trois langues que le plus grand nombre semble ne pas comprendre ; la langue du bâton et celle du coup de pied au cul peuvent s’avérer salvatrices ; à moins d’éparpiller l’ensemble de la population en deçà d’une ligne Est-Ouest allant de Illizi à Tindouf : aux grands maux le grand désert qu’il faudra bien peupler un jour : Profiter de l’espace, du pétrole, des dattes et des chamelles ; après tout c’est dans le désert où Dieu s’est le plus manifesté . A voir le rush sur les magasins, la promiscuité plus forte que de coutume, l’absence de toute protection ni individuelle ni collective on désespère de ce peuple qui laisse croire qu’il a usurpé tous les lauriers qu’on lui a tissé jusque là !

Le président de la république dans son immense bonté vient d’octroyer un bonus pour le personnel de la santé sans préciser lequel ou de quelle catégorie il s’agit ; une année comptabilisée pour la retraite pour deux mois de travail en période à hauts risques ; une espèce de pension anticipée pour anciens combattants ignorant que la pandémie est de durée indéterminée ; à moins de lire dans le marc de café ou être cartomancien, personne ne peut prédire de la trajectoire du virus ni de sa longévité. De quelle gratification jouiront les personnels déjà en retraite et qui sont encore au front ; pire, ont-ils étés identifiés ? Ni associés ni consultés ils auront quand le soleil se lèvera de nouveau la satisfaction de ne pas avoir usurpé le titre de HAKIM.

Pratiquez un jeune multiple et initiez-vous à l’ascèse la terre et le ciel vous le rendront bien.

Hadj Ghafour chante « Maryém » ; il manque Khlifi Ahmad pour chanter Hizya . Merci à la chaine trois de faire baisser la fièvre.

                                                       At Yanni, 19 avril 2020,  Djafer Messaoudi. 

L’amputation
Quand l’infiniment petit cornaque sept milliards d’individus prétendument grands.
Quelques gouttes de pluie ; même pas. Juste une brume ; le ciel en ce jour de la mi-février donne l’impression de semer des postillons pour se mettre au diapason de l’épidémie qui menace le monde ; l’humanité est inquiète et semble si fragile face à la force de propagation du nouveau virus qui vient nous rappeler à quel point nous sommes vulnérables. Mortelle cette bestiole de quelques fractions de microns . Nous y sommes ; menacée par l’infra microscopique, l’humanité est à l’épreuve d’elle-même . En nous masquant, les masques tombent et notre nudité en temps de risque vital n’a d’égale que notre arrogance en temps de sécurité.

L’instinct de survie fait monter l’agressivité et l'égoïsme de l’homme ; chacun pour soi de préférence contre l’autre ; le paradoxe : nous risquons de nous entretuer pour ne pas mourir. La contradiction est notre devise oubliant que : « le tout est dans la partie en même temps que la partie est dans le tout »- Edgar Morin in : la pensée complexe. L’infra est dans le supra et vice versa ; il fallait respecter les équilibres.
Les températures ne sont pas de saison ; l’automne vient percuter l’hiver, qui n’est hiver que sur le calendrier ; l’année semble être amputée d’une saison. Ou est donc passé l’hiver ? Quand tombe la nuit, personne ne se demande ou est passé le jour qui l’a précédée. Le printemps est déporté à une date antérieure et l’hiver effacé du cycle du temps humain. Et si disparaissait le jour, qu’une nuit éternelle enveloppait définitivement la terre ; si le soleil venait à disparaître.
Point zéro : la machine à remonter le temps est en branle.

Covid 19. Cela ressemble à une marque de voiture chinoise. Mais Le chiffre 19 est intrigant, combien même il marque l’année de l’apparition du virus. Mon voisin grand exégète des textes sacrés, estampillé par l’université d’El Azhar en est convaincu ; il en veut aux Chinois qui d’après les informations massacrent les musulmans. Dieu le tout puissant veille au grain et rend son équitable justice. En attendant la suite ; la suite, tout le monde est concerné le virus n’étant pas ségrégationniste.

Les politiciens mentent, les terriens se méfient, les biologistes, médecins et autres chercheurs honorables scientifiques, sont en premières lignes, ils essaient de rassurer là ou eux même le sont moins. Pour une fois parlons de terriens, ce serait une formidable avancée sémantique à condition d’inscrire cette identité dans toutes les constitutions du monde. Nous devons inventer un nouveau lexique ; l’humanité c’est une illusion, une utopie ; les terriens c’est bien réel à supposer ou même à ne pas supposer que des martiens ou des jupitériens existent. Semblables et égaux devant un danger universel nous devons conjuguer nos efforts pour une contre-attaque commune ; c’est du moins ce que préconise l’OMS l’organisation mondial de la santé. Une guerre mondiale, l’apothéose de la mondialisation de la misère.

La Chine ! vingt pour cent de la population terrienne ! nous ne représentons que trois pour cent des vingt pour cent ; ils peuvent nous embarquer dans un ascenseur ! les cyniques disent que pour rétablir l’équilibre planétaire, pour que tout le monde puisse se nourrir, il faudrait se débarrasser d’une façon ou d’une autre des trois quarts de l’humanité. Bienvenue le virus. Avant l’inévitable finitude la terre semble procéder à sa propre toilette.

La route de la soie puis celle du savoir enfin celle de la puissance et plus tard de l’hégémonie ; ils mangent de tout ; du chien, du chat, des rats, de la souris chauve et même hirsute. Presque un milliard et demi d’individus ! comment les nourrir ; il serait même licite qu’ils se mangent entre eux ; à leur place on l’aurait fait sans état d'âme. Seul le panda échappe à leur voracité ; pas pour longtemps du moins tant qu’il est parrainé par la première Dame de France
Tu trembles carcasse !
La route tue, le tabac tue, la pollution tue, la famine tue, la mort par les maladies et la vieillesse rétablit l’ équilibre ; les virus : une offrande à la planète, qui ne peut plus nous supporter ; le progrès déséquilibre ; l’équation est inversée ; on provoque des guerres pour fabriquer des armes ; ils sont fous les humains, parole de Martien. La troisième guerre mondiale se fera par les virus ; accélérer le processus de décomposition, inventer des armes invisibles, non identifiables ; la guerre atomique est obsolète trop visible trop de fracas, trop de bruit et puis contrairement à la guerre bactériologique, le nucléaire a une main ou plutôt huit dans l’attente de la neuvième et de la dixième sous haute surveillance. Les sournois, carnassiers de la finance ont inventé des techniques pour tuer à petit feu. Empoisonner l’eau par exemple ou plus malin la détourner, détourner les nuages, inventer de faux vaccin mortels, stériliser les populations par certains produits de consommation courante. Ce n’est que l’avant gout de l’apocalypse.

En Afrique dite de l’Est je me demande par rapport à quoi, les criquets ravagent les cultures. On pratique de l’épandage d’insecticides ; résultat : on intoxique sol et population pour quelques décennies. Au lieu de perdre une récolte par le fait des sauterelles, on en perd dix récoltes de suite ou peut être plus par la main de l’homme. Herbicides, pesticides, insecticides, homicides volontaires. Mon épouse généreuse qu’elle est préconise l’installation de filets gigantesques pour attraper les bestioles puis les passer à la moulinette pour en faire un produit riche en protéine ; tout le monde sera content et l’Afrique berceau de l’humanité à ce que l’on dit sera reconnaissante.

Quelque part à la frontière chinoise.
La ville est tétanisée ; portes closes et fenêtres barreaudées ; ville morte ; pas un chat ne rode tous bouffés par les Chinois ; quelques habitants se risquent masqués avec des cagoules, des chaussettes, des chiffons, des feuilles de vigne ; ils marchent ou plutôt se faufilent comme des voleurs en s’aspergeant d’eau de Javel, dernière trouvaille d’un alchimiste venu vendre des amulettes et autres talismans supposés protecteurs !

La psychose s’est vite installée !
Dans son laboratoire ultra sécurisé à la périphérie de la ville de Pékin l’éminent professeur Li Chou virologue de renommée mondiale consulte un manuscrit de Confucius vieux de trois miles ans ; autour de lui ses assistants sont pris de frénésie ; ils s’agitent comme si quelque chose d’éminemment sérieux allait se produire… L’espoir pourrait être au fond de la pipette.
Dans un quartier voisin soumis au confinement, Pou Pi la fille du professeur est allongée sur son lit ; son père lui a confié une tache qu’elle a accepté avec joie ; tenir un journal ; malgré son confinement, elle a maintenu les contacts par le téléphone et les réseaux sociaux. Visitant allègrement les chaines satellitaires elle est prise de fou rire en regardant des officiels occidentaux se saluer à la manière chinoise et japonaise, par des courbettes , ou se donner des coups de coude, ils ressemblent à des personnages de bande dessinée. Ridicule pensa-t-elle
Li Pou Pi farceuse qu’elle est après avoir récité son mantra dans un moment de profonde méditation prit son ordinateur et à la manière d’Orson Welles balança son canular :
Covid 19 est une fusée à propulsion nucléaire pouvant transporter trois passagers à une vitesse égale à celle de la lumière ; est en capacité de faire le tour de la galaxie en quatorze jours ; pour le premier vol qui coïncide avec le premier jour de l’année du rat ,le voyage est gratuit….
Merci à tous ceux qui me souhaitent un joyeux anniversaire pour mon entrée dans la huitième décade.

                                                 Djafer Messaoudi 

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Par Djafer Messaoudi  le 15/04/2020 sur Facebook 

Confinement ou la victoire du cracha

La terre, source de toute science et de toute philosophie mérite tant de respect au point ou Diogène en crachant sur la figure de Socrate a évité de l’offenser.

Les plus grands dictateurs, d’Alexandre le Grand à Staline en passant par César, Gengis khan , Napoléon jusqu’à Hitler n’ont rêvé de soumettre à ce point le monde à leur merci. Une particule infime et comble du mépris contenue dans un cracha traîne l’humanité vers l’échec et la mort en vrac malgré des avancées technologiques et scientifiques qui étaient impensables il y a à peine un demi siècle. Le confinement intégral décrété par le plus grand nombre de nations ressemble à un goulag sans geôliers . A votre bon cœur COVID et surtout à votre merci ! réussir en un tour d’ARN à remettre chacun dans sa pointure est assurément une grande performance. Le miracle covid est en passe de changer intégralement l’organisation du monde et l’idée que l’homme se faisait de lui-même . Mystère et puissance de la nature, cette micro raclure est plus nocive que dix bombes atomiques et est d’une mécanique plus sophistiquée que la plus performante des centrales nucléaires .Qu’en penses- tu petit homme ?

Des empires risquent de s’écrouler et c’est tant mieux ; l’humanité se retournera désormais vers la reconstitution des états nation et s’ingéniera probablement à construire des murs de Berlin, de Los Angeles ou de Cracovie. L’homme des cavernes somptueuses est de retour mais sans la liberté

Au pire, si l’humanité venait à disparaître ,les plus malins parmi le détritus humain tenteront une traversée de l’espace vers Mars ou vers la Lune ; une fuite à grand risque ;sans doute tourneront-ils autour d’une planète terre en désertification en attendant l’assainissement pour y retourner comme des déserteurs avec l’espoir d’échapper au tribunal post apocalypse : Trump, sa majesté la reine Elisabeth, Macron et sans doute le capitaine Brésilien accompagnés de leurs chérubins et des magnas de la finance seront de la partie .Bon débarras ! Si une centaine de couples « hétérosexuels » survivait cela serait suffisant pour repeupler la terre et le cycle recommencera avec comme devise le respect de la vie et de la nature ; et pour les premiers cités ils ne seront pas les bienvenus

Sur la terre régénérée les chauves souris dans une chorégraphie diurne jouent « Le bal de l’homme maudit » dirigées par un maestro Chinois ; elles sont accompagnées d’une multitude d’oiseaux chantant en Mandarin. Désormais, le soleil se lève et se couche à l’Est

Les lieux de culte sont fermés, les lieux de cul beaucoup moins, les pèlerinages interdits, la piété se passe de chapelles , il n’est jamais trop tard pour comprendre et discerner entre l’essentiel et l’accessoire . Chacun voit Jérusalem à sa porte ; Dieu a finalement tout le respect qu’on lui doit, appelé à la rescousse sans passer par les intermédiaires ; l’homme moderne a fini par comprendre le sens du dialogue et de la démocratie directe .Devenu sage plus qu’un yogi il a résolu le problème de la pyramide : que le sommet repose sur la base et que la base sert non seulement de support mais aussi de marche pied. Le sommet semble échapper à la condition terrestre sauf qu’en cas de séisme il est le premier à s’écrouler : de Louis Seize à Boutefika en passant par les Romanov, la liste est longue. Que ceux qui ont pourri la terre ces grands détritus de la création crèvent. Amen

Le vide remplace le plein , une impression de paix et de sérénité se dégage dans une nature qui semble se reposer débarrassée du brouhaha ,de l’agitation et de la pollution . Un paradis sur terre est assurément possible si le superflu, le surplus ne sont venus encombrer la vie des hommes. La terre a besoin de contraceptifs il nous appartient de réguler, de respecter et de transmettre les valeurs de modestie, de frugalité, d’économie de parcimonie, de partage et de fraternité pour les générations qui vont se succéder au fil du temps . Nous sommes comptables devant Dieu .C’est la terre qui nous a enfanté ; comme une maman ; et si malheureusement nous avons accéléré son vieillissement il ne nous est pas permis de la mettre dans une maison de retraite, ce rebus qui nous a déshumanisé car au final la terre mère nous engloutira.

La santé tu la puises d’abord dans la nature pas dans la pharmacie ; il est temps de faire marche arrière.
« Toutes les incertitudes que nous avons relevées doivent se conforter, les unes les autres, entre-dialoguer sans toutefois qu’on puisse boucher avec du sparadrap idéologique la brèche ultime » : Edgar Morin .in : La pensée complexe
La chloroquine prouve son efficacité c’est ce que vient d’annoncer la radio relayant des informations scientifiques ; une molécule qui existe depuis six décades, qui jusque là traitait le paludisme ; maladie de la pauvreté et de la misère ; l’Afrique et son sous développement ,ses moustiques et ses gouvernants corrompus petits roitelets à la merci et au service de l’occident, les blonds capitalistes ;L’anti moustique à la rescousse devenu l’anti virus ; la vengeance du moins coté en bourse, du moins cher, du moins habillé de froufrous, du sans grade ; la solution précède le problème. La simplicité au secours de la complexité . Pour les multinationales du médicament, la comptabilité est faussée ,le manque à gagner est proportionnel au manque à mourir .

A Marseille, le professeur Raoult consulte son horoscope : « vous n’appartenez pas à la nomenklatura ,a l’establishment , vous êtes un chercheur atypique ,indépendant, trop indépendant. Une commission d’experts psychiatres vous déclare paranoïaque, délirant et prépare votre dossier d’internement » Et pourtant elle tourne se dit- il ; l’inquisition est toujours là !

 
 

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L'Humanité ébranlée et la société effondrée  par un petit machin.

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yemen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).

Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (le Hirak à pris fin).

Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales. ..).

Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

Ce que les gilets jaunes et les syndicats n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n'est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l'Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence.

Interrogeons notre "humanité" dans cette "mondialité" à l'épreuve du coronavirus.

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !                                Moustapha Dahleb 

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