La montagne prise d’assaut !

Publié le par Mohand Mehghellet

 

 

Par Mohand Mehgellet dans la Dépêche de Kabylie du 02 juin 2012.

Les montagnes de Djurdjura se font de plus en plus belles et captivantes en cette fin du mois de mai, notamment avec la fonte des dernières neiges qui ont laissé place à une tapisserie végétale luxuriante d’un vert éclatant.

Ces lieux paradisiaques réputés pour leur attractivité naturelle sont devenus la destination privilégiée de nombre de citoyens, notamment depuis que l’axe de la RN33, reliant Bouira à Tizi-Ouzou via Tikjda par le col de Tizi Nkouila, est rouvert à la circulation automobile. Un tronçon éprouvé par les dernières intempéries hivernales et qui a été dégagé des névés et autres amas de terres et de pierres projetés sur la chaussée par les éboulements causé lors des importantes chutes de neige durant l’hiver dernier. Si les services des travaux publics n’ont pas lésiné sur les moyens pour entamer sa réouverture à temps, l’ampleur de la tâche et des dégâts est telle qu’il a fallu attendre le mois de mai pour que le dernier obstacle disparaisse au niveau d’Aswel. Un lieu réputé pour sa topographie qui le présente sous forme d’un plateau en contraste avec les anfractuosités environnantes toutes en pierres, où le moindre faux pas est synonyme de chute à haut risque. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’un stade avec une piste d’athlétisme y a été érigé sans être malheureusement exploité à bon escient, et qui se prête parfaitement à la pratique sportive dans un cadre féerique. Avec la levée de cette contrainte sur cette route qui fait jonction au niveau col de Tizi Nkouilal, avec l’autre axe routier n°30, reliant M’Chedallah à Tizi-Ouzou, c’est un pan de la Kabylie et du Djurdjura qui se désenclave permettant la reprise du mouvement entre les versants nord et sud du Djurdjura. Ainsi, les populations de Ouacifs, Iboudraren, Beni Yenni, peuvent facilement se mouvoir pour se rendre tant à Bouira qu’à Tazmalt via Maillot, pour son marché hebdomadaire du jeudi, et pour s’approvisionner en matériaux de construction, tels que le sable, le ciment et le fer, sans grand détour et autres pertes de temps. De même pour les Imcheddalen qui sont à moins d’une heure de route de Tizi-Ouzou. C’est également la reprise de la fréquentation de la région pour ses trésors naturels propices à la ballade, au sport, la méditation entre autres plaisirs, en solo ou en famille. Aswel, Tikdjda, la main du Juif, Tizi Nkouilal, Tala Rana, Tabourt Tamelalt, sont autant d’escales qui jalonnent la route où chaque halte est synonyme d’un spectacle de paysages idylliques, donnant l’impression des hauteurs vertigineuses et la grandeur d’avoir le monde à ses pieds, avec cette nuée de villages essaimés sur les collines à perte de vue. C’est sans doute pour cela que la sollicitation est visiblement de plus en plus importante de par les flux des visiteurs, qui en moto, qui en voiture viennent de très loin, à se fier aux immatriculations de toutes les wilayas du pays, croisées sur ces hauteurs. Il est fort à parier qu’avec une bonne politique en matière de tourisme, les étrangers reprendront le chemin de nos montagnes, pour peu que les conditions de sécurité et d’accueil soient améliorées. Pour cela, il serait bon que les règles d’hygiène et de protection de l’environnement retrouvent place dans les réflexes des citoyens au comportement d’incivilité notoire à travers les beuveries collectives bruyantes émaillées d’obscénités gratuites à des endroits partagés par les familles, comme les abords des routes, les fontaines, les sources, en laissant sur place les emballages de leur consommation, notamment des bouteilles de bière .

Mohand Meghellet

La montagne prise d’assaut !

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