"Notre montagne"

Publié le par Med Tabèche

 

Voici la "Waada", de la fin de la transhumance de l'été 2012, organisée par les habitants du village Tala n'Tazart, commune Iboudraren, Daïra de Beni-Yenni.

À travers cette manifestation festive, c'est un hommage qui est rendu à la nature, qui durant des siècles a joué un rôle important dans la vie de ces dignes montagnards fiers de leur Djurdjura. Les peuples des montagnes sont ceux qui s'attachent le plus à leur terre et certains pensent sagement, qu'ils appartiennent à la terre et non l'inverse.

La montagne de Kabylie, est un refuge séculaire pour les populations, qui ont fuit la violence des nombreux envahisseurs. Elle a accueilli ces nouveaux habitants, qui se sont blottis autour d'elle en occupant une partie du territoire où une faune diverse occupait déjà les lieux. Le Djurdjura les protége, donne de l'eau à profusion pour boire et arroser leurs plantes, il fournit de l'herbe tendre et verte en été pour leurs bêtes, il leur donne de la matière pour construire des maisons et confectionner des outils ingénieux et efficaces.

Ils se sont adaptés à cette région austère et sauvage et à son rude climat et ils ont développé un mode de vie particulier et exceptionnel.

 

Pendant longtemps le Djurdjura est resté une citadelle imprenable, mais les enjeux sont trop importants pour que l'envahisseur abandonne ses desseins funestes, il  déstructure la société et l'organisation sociale et exerce une violence sur les populations. Le Djurdjura est autrement agressé, il est déchiré de part en part avec des engins mécaniques puissants pour faire des routes stratégiques, il est bombardé et brûlé au napalm par l'aviation et des constructions en béton y sont implantées pour lui enlever son aspect sauvage et ne plus être le repaire des résistants.

 

Malgré ses blessures, le Djurdjura a toujours là fière allure au milieu de la Kabyle, dès qu'on le voit pour la première fois, on tombe sous son charme, on y est imprégné à jamais.  Pour ceux qui y sont nés, des sentiments incommensurables et invisibles les lient à lui, il suffit qu'un Djurdjurien s'en sépare pour qu'il se rende compte de cet attachement viscéral. C'est pour toutes ces raisons, qu'aujourd'hui encore, l'enfant du Djurdjura "Emis n Djerdjer", où qu'il soit, chaque année vient fêter sa montagne.

 

 

 

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