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"Tous les peuples de la planète possèdent des pratiques et des rites aussi différents que nombreux. C’est la somme de ces traditions qui fonde les cultures, les modes de vie et les civilisations. La datation du temps, une de ces pratiques très ancienne, est considérée comme étant l’activité particulièrement commune à l’espèce humaine. Chez les berbères Yennayer en est une. Elle est privilégiée car encore d’actualité. Son importance s’explique par son application généralisée sur le vaste territoire de l’Afrique du Nord comme système d’indication et de la datation du temps du premier jour de l’année amaziɣ qui intervient chaque 12 janvier de l’année universelle. Mais nous ne comprenons pas pourquoi certains (les islamistes surtout) s’évertuent à la veille de l’événement à inventer au vocable Yennayer une origine linguistique et même de création latine dans l’intention d’un brouillage et de notre alignement sur leur système sans pour autant présenter des arguments savants. N’y a t-il pas ici une arrière pensée qui persiste encore à vouloir déposséder le monde amaziɣ de tout ce qui se rapporte à sa civilisation, à sa culture et à son histoire ? Tout porte à le croire. Notons que dans le système linguistique amaziɣ un seul mot est à lui seul un énoncé doué de sens. Ainsi, le vocable Yennayer est une composition linguistique amaziɣ (et même berbère juste pour contrarier avec cette appellation « berbère » en cette fin de mes publications sur Facebook les arabo-islamistes) formée des éléments « Yen » et « Ayer » avec leurs variantes successives « Yiwen ou Ayen» et « Ayyur ou Aggur » qui signifient respectivement « Un ou Premier » et « Mois ». Yennayer (le premier mois) a aussi son prolongement dans l’autre appellation aussi courante et pour ainsi dire jumelle en sens : « Tibbura useggwas » qui signifie littéralement et précisément « Les portes de l’année ». Yennayer annonce la fin d’un cycle et le commencement d’un autre. Cette explication qui va d’elle-même, mais qui apparemment contrarie des courants d’opinions, est l’expression du résultat de l’observation faite à l’œil nu sur les variations de l’univers cosmique qui fixe les cycles mutants selon les positions géographiques des pays par rapport aux hémisphères Nord et Sud. En effet les éléments climatiques, atmosphériques, végétaux, arboricoles ou encore l’aspect de la terre et des cieux déterminent et organisent l’activité humaine au fil des intervalles temps formalisés en potions calendaires. L’ouvrage de Rachid Oulebsir est recommandé à lire sur le même sujet. Viennent ensuite se greffer des interprétations, des rites et des mythes en fonction des besoins sociologiques des peuples. Certaines de ces pratiques peuvent laisser apparaître des similitudes ou analogies entre peuples comme c’est le cas du mythe de la vieille qui se lamente des terribles rigueurs hivernales que lui inflige le mois de janvier et dont la trame se retrouve aussi bien en Kabylie, en France, en Grèce, en Yougoslavie ou encore au Venezuela.

Ces analogies humaines sont nombreuses car en définitive « rien de ce qui est humain n’est étranger à l’humain » dixit le berbère Terence. La datation berbère/Amaziɣ de l’an zéro se réfère à la fois à Yennayer et à un fait historique lié au déplacement en 950 avant Jésus-Christ du roi berbère Chachnaq en route vers le Delta du Nil où il fonda la 22 iéme dynastie pharaonique avec comme capitale Boubastis. L’événement est rapporté, entre autres, dans l’ouvrage de la préhistorienne Malika Hachid : « Les premiers berbères, entre méditerranée, Tassili et Nil ». Ainsi les deux événements, Yennayer et le déplacement du roi Chachnaq, sont couplés car ils annoncent la même logique d’un commencement. Ils ont une valeur culturelle et historique. Dans la mythologie musulmane la datation du temps démarre à partir du déplacement de leur prophète de la Mecque vers Médina. Les arabes ont certainement le droit de fixer la datation du temps à partir de cet événement référentiel qui est le leur… mais qu’ils sachent que nous aussi amaziɣ avons le droit de choisir notre autre référent tout aussi différent en long et en large du leur et n’en déplaise à qui voudra. Nous aussi nous avons usé du même droit que ce sera Yennayer pour nous : « CCAH YAHWA-YAƔ ! » Notez que draâ yettiki di « lpulutik ». Cependant nous amaziɣ nous nous inscrivons à l’horloge universelle grégorienne car nous voulons continuer à être du monde et non en tangente du monde. Ainsi est ma dernière publication sur Face Book. Merci à tous. Abdennour Abdesselam"

Autres articles : https://djurdjura.over-blog.net/tag/nouvel%20an%20%26%20yennayer/

Tag(s) : #Nouvel an & Yennayer
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