La grotte du Macchabée

Publié le par Lghotti Nekmouche

Par Lghotti Nekmouche dans Facbook

Entourée de mystères et de légendes, la grotte du Macchabée a suscité pas mal d’écrits et récits notamment ceux de Mohamed Tabeche ; http://djurdjura.over-blog.net/arti... , qui l’a visitée à plusieurs reprises , ce qui n’est pas le cas du reste du groupe pour lequel c’est une première.

La grotte, nous la connaissons à travers les différents articles s’y rapportant mais surtout par les confidences de Mohamed car sa visite est inscrite au programme de notre groupe depuis longtemps. Conscients des difficultés de l’entreprise, pour Mohamed et moi meme,la décision de s’y rendre est prise. Pour Samy et Malek composant le reste du groupe c’est une promenade santé .

Huit heures du matin, nous sommes au village d’Akaoudj d’ou nous commençons notre périple à pied. Arrivés à la source, sous les parois vertigineuses de la montagne, des singes magots et des corbeaux nous observent un instant. Dérangés dans leur quiétude, ils prennent la fuite vers les hauteurs, des singes plus farouches que leurs congénères de Tikjda, et disparaissent rapidement dans la montagne qu’ils escaladent avec agilité et souplesse, ce qui ne sera certainement pas notre cas quand notre tour d’escalade viendra.

L’entrée de la grotte est située à environ trois cent mètres voir plus du pied de la montagne,creusée dans la paroi de la falaise surplombant un précipice . Pour les non initiés, atteindre l’entrée de la grotte est déjà un exploit en soi; ce qui fut mon cas. Ne jamais se retourner, ne pas regarder en bas, c’est le vide, c’est le précipice, je préfère ne plus y penser. L’escalade est des plus pénible, Samy devant me hissant à plusieurs reprises par les mains, Malek derrière pour me recevoir au cas ou. Que suis je venu faire, c’est de la témérité,l’envie de découvrir la grotte m’a fait oublier les risques. J’avançais péniblement, tout en sueur, la peur au ventre, tout en pensant au retour avec le vide devant moi. Ce genre de randonnée n’est pas pour moi. C’était des sensations fortes. Je ne dirai rien de Mohamed, il était derrière moi, je ne peux vous raconter ses exploits de grimpeur.

Ouf, nous y sommes. Haletant, transpirant abondamment, les mains et les genoux écorchés, je regardent mes compagnons et j’éclate “jamais plus ça”, c’est le fou rire . Le fameux figuier à l’entrée de la grotte est toujours là (décrit en 1923 dans le bulletin de Constantine), l’entrée de la grotte est vaste,une fraicheur bienfaisante s’y dégage. Sur les conseils de Mohamed on s’en éloigne,histoire de s’acclimater. On se repose au niveau de la petite esplanade devant la grotte ,une vue plongeante féerique s’offre à nous, le vide me fait moins peur.

Munis de torches, nous pénétrons dans le ventre de la montagne,la grotte est fraiche, il fait froid. Très vite,à une vingtaine de mètres de l’entrée il fait noir,pas un rayon de lumière,le sol est humide et glissant.La grotte est spacieuse, large de plus d’une ou deux dizaines de mètres, son plafond est très haut lassant tomber des gouttes d’eau. De nombreuses chauve souris colonisent les parois et le plafond . Elles volent au dessus de nos tetes. Nos torches éclairent tous les endroits et se baladent d’un coin à un autre. De nombreuses stalactites et stalagmites de dimensions diverses ajoutent de la magie aux mystères et aux légendes qui entourent cette grotte et son macchabée. Mohamed veut tout filmer, nous demandant de pointer avec nos torches tel ou tel endroit oubliant le sol glissant sur lequel il évoluait. C’est la glissade et la chute, il a ramassé toute cette boue gluante ,un mélange d’eau et de cacas de chauve souris (le guano), qui à certains endroits atteint des hauteurs impressionnantes de plusieurs mètres. Nous progressons toujours, la grotte est longue, en suivant des flèches nous indiquant le chemin à suivre pour atteindre le macchabée . Montées et descentes se succèdent rendant notre progression malaisée et dangereuse,le sol est de plus en plus glissant et les obstacles à franchir plus escarpés et trop haut pour etre franchis sans risquer de chuter. Nous avons exploré la grotte dans ses moindres recoins sans toutefois atteindre le macchabée qui se trouve plus bas. Selon Mohamed,lui qui connait l’endroit;nous étions à quelques encablures de la momie.

Après un long moment passé dans la grotte, nous retrouvons la lumière du jour et la canicule du mois d’aout. Il faut maintenant redescendre,c’est une autre histoire, sous mes pieds c’est le précipice, j’ai peur du vide. Avec les meme précautions que pour l’escalade; Samy juste devant moi, pret à me recevoir en cas de chute, Malek derrière moi pret à m’agripper si nécessaire. Au niveau de certains endroits,escarpés et raides, il fallait glisser sur les fesses et éviter de regarder en bas car on surplombe le précipice, c’est le vide et on est facilement attiré. Tout se passa pour le mieux, il y a plus d’appréhensions et de peur que de réelles difficultés. Mohamed est derrière, répétant sans cesse”sur les fesses, sur les fesses”.Je ne peux rien vous dire de sa descente pour ne pas l’avoir vue. A t il user de ses fesses pour descendre? Seul lui peut nous le dire. Ce qui est certain, le connaissant, avec sa caméra, il ne rate pas une miette. Nous déjeunons au niveau de la source, au pied de la falaise.

La randonnée en montagne est une activité sportive qui procure du plaisir et du bien etre. Le choix des circuits et un minimum d’équipement sont des précautions utiles au bon déroulement de la ballade. Il faut savoir estimer ses capacités physiques pour bien gérer l’effort que demande une longue marche en montagne. Aucun risque ne doit etre toléré; la montagne est dangereuse, un accident est vite arrivé. En contre bas du chemin menant à la grotte est apposée une plaque commémorative, rappelant que Said, agé alors de vingt huit ans, a perdu la vie en chutant du haut de la falaise en 2013. C”est le cas de plus d’une dizaine de personnes ces dernières décennies.

Texte rédigé par Lghotti Nekmouche avec la participation de Med Tabeche

La grotte du Macchabée
La grotte du Macchabée
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