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Bio-bibliographie

 

Farida-Ait-Ferroukh.jpg      Farida Aït Ferroukh, Anthropologue berbérisante et poétesse, son apport se situe au carrefour des Lettres et des Sciences de L’Homme. Après un DEA en Littérature Générale et Comparée sur l’oeuvre de Nabile Farès (1988), elle a soutenu, en Sorbonne (1994), sous la Direction de Mohammed ARKOUN une thèse sur la poésie orale kabyle qu’elle soit scandée ou chantée.

Axées sur la Kabylie et la diaspora, ses recherches concernent plusieurs domaines (poésie, chant, chanson professionnelle, sacré, mystique, monde invisible, art culinaire...) et ont donné lieu à plusieurs articles publiés dans des revues spécialisées ainsi qu’à plusieurs ouvrages. La civilisation berbère demeure le pivot de son expérience dans l’enseignement (Aix-Marseille I, Paris VIII).

Sa double formation dans les Sciences de L’Homme et la psychothérapie (Approche systémique, Masters en Programmation Neuro-Linguistique et Hypnose Ericksonienne) lui confèrent un savoir et un savoir-faire permettant d’appréhender la complexité de l’humain dans son environnement socio-culturel, que ce soit dans le système familial, dans sa dimension transgénérationnelle ou dans son identité intra-psychique.

 

PRINCIPAUX OUVRAGES

2013. Les Berbères. (Photos de Olivier Martel). Paris : Jaguar (à paraître).

. (éd) La chanson kabyle en représentation. Travaux des Conférences du Festival (édition 2011). Bgayet : Publications du FCLMCK.

2009. (éd) De la Zaouïa à l’Olympia. Recherches sur la chanson kabyle. Actes du colloque Regards croisés sur la chanson kabyle. Bgayet : Publications du FCLMCK.

2004. Cuisine Kabyle. Aix-en-Provence : Edisud.

2003. L’appréciation esthétique relative aux concerts de musiques maghrébines en France (1999-2000). Rapport de recherche (174 p). Laboratoire d’anthropologie sociale / Mission à l’ethnologie (CNRS / Ministère de la Culture et de l’Information).

2001. Cheikh Mohand. Le souffle fécond. Paris / Bruxelles : Volubilis.

1997. "La Kabylie"(postface) in Tahar Djaout et Ali Marok La Kabylie : 145-151. Paris-Méditerranée. 2

 

1993. En co-édition avec Nabile Farès : Effraction : poésie du tiroir. Anthologie poétique algérienne. La Roche-Sur-Yon / Québec : Le Dé Bleu / Le Noroît.

 

PRINCIPAUX ARTICLES

2013.

. « Apprécier les musiques nord-africaines dans les salles de concerts parisiennes » Ethnologie de l’esthétique (V. Nahoum-Grappe / O.Vincent éds). Ed. Mission à l’ethnologie (à paraître).

. "Idir ou la mémoire d'un chant. Escales dans la chanson kabyle" Interview réalisée en 1990 (à paraître).

2009. « Parcours radiophoniques et artistiques de Kamal Hamadi Madjid Bali et Ben Mohamed » De la Zaouïa à l’Olympia. Recherches sur la chanson kabyle. Actes du colloque Regards croisés sur la chanson kabyle. Bgayet : Publications du FCLMCK.

. « Baba-inu ba entre repères et fondation » De la Zaouïa à l’Olympia. Recherches sur la chanson kabyle. Actes du colloque Regards croisés sur la chanson kabyle. Bgayet : Publications du FCLMCK.

2002. « Situation d’impasse et agents de la culture : Cheikh Mohand et Aït Menguellet » Algérie, ses langues, ses histoires. Balises pour une histoire littéraire. (A. Berrerhi / B. Chikhi éds) Alger : Mauguin.

2000 a. « Aït Menguellet, poète et figure du sens » texte de présentation (+ traduction de quatre chansons) pour le livret Carte blanche pour Aït Menguellet. Paris : Cité de la Musique.

2000 b. « La force du rêve » texte de présentation (+ traduction de deux chansons) de Djaâfar Aït Menguellet pour le livret Carte blanche pour Aït Menguellet. Paris : Cité de la Musique.

2000 c. « La force du rêve » texte de présentation (+ transcription et traduction de huit chansons = 396 vers) pour le livret du CD Rêves de Djaâfar Aït Menguellet. Paris : Créon-music.

1999 a. "Le rituel de la belle-mère raillée : chants en kabyle et en arabe" Etudes et Documents Berbères 17-18 : 199-220.

1999 b. "L'oeuvre revisitée" texte de présentation (+ transcription et traduction des chansons = 600 vers) pour le livret du CD Inagan de Lounis Aït Menguellet. Paris : Blue-silver.

1998. "L'intertexte dans l'oeuvre de Ben Mohamed" avec C. Abrous, S. Abtroun, H. Salmi, 3

 

H.Hirèche, La pensée kabyle contemporaine dans l'oeuvre poétique de Ben Mohamed Association Atout-Keur le 11 avril.

1997."Le non-humain dans ses rapports avec l'humain: représentations berbères du monde invisible" Littérature orale arabo-berbère 25: 57-89, CNRS.

1995. "Proverbialisation du vers. Un fait d'intertextualité berbère (Kabylie)" Littérature orale arabo-berbère 23 : 29-51, CNRS.

1994."La danse kabyle" in Encyclopédie berbère vol.14 : 2213-2218. Aix-en Provence : Edisud.

1993. "Le chant kabyle et ses genres" in Encyclopédie berbère vol.12: 1869-1871, Aix-en Provence : Edisud.

 

PRINCIPALES CONFÉRENCES

2012.

. « L'oeuvre de M. Feraoun comme lieu de mémoire ». Hommage à Mouloud Feraoun, Association de Tizi Hibel de France, Paris, le 7 avril.

. « Les lois de la généalogie dans La terre et le sang de Mouloud Feraoun ». Colloque international Mouloud Feraoun intellectuel-martyr et ses compagnons. CNRPAH, Alger : 15-17 mars.

2011. « De la théâtralité traditionnelle aux performances vocales des chanteurs professionnels » La chanson kabyle en représentation. Conférences du festival. FCLMCK.

2009.

« État des lieux et l’engagement comme ligne de force de la chanson kabyle ». Festival de la chanson amazighe (2ème édition), Tamanrasset.

. « Autour de la danse kabyle » Colloque Danse et société. Tizi-Ouzou (Algérie), 8/9 juillet.

. « El-Hassnaoui, voix-relais. Paroles de femmes blessées » Colloque sur Cheikh El-Hassnaoui. Tizi-Ouzou (Algérie), 20/22 juin.

2008. « L’esthétique de la reprise dans le chant traditionnel et la chanson professionnelle » Colloque Regards croisés sur la chanson kabyle. Bgayet (Algérie), 2/3 novembre.

2007. « Poésie et fondements de la culture kabyle » Festival Euro-Maghrébin. Cherbourg : 18 octobre.

2004. « Slimane Azem entre exil et déshérence » Georges Brassens et Slimane Azem. 4

 

Saint Etienne : Numidya et Lire, 13 mai.

2003. « Les Berbères et l’islam » Rencontre autour du thème Les Berbères et les religions avec Abdelkader Rahmani et Ramdane Redjala.

. « Mouloud Mammeri l’anthropologue » Hommage à Mouloud Mammeri avec A. Metref, O. Hammouda, Idir, Ben Mohamed. Paris, ACB : 28 février.

2001.

. « Identité et créativité » Association des Échanges Culturels Nationaux et Internationaux de La Roche sur Yon, 26 avril.

. « Les fondements de la culture berbère de Kabylie » Musée méditerranéen. Stockholm, le 21 avril.

. « Panorama de la civilisation berbère de Kabylie » Centre Culturel Français. Stockholm, le 18 avril.

1998. "L'intertexte dans l'oeuvre de Ben Mohamed" La pensée kabyle contemporaine dans l'oeuvre poétique de Ben Mohamed Association Atout-Keur le 11 avril.

1997. " Aït Menguellet : filiation symbolique et production poétique" L'oeuvre d’Aït Menguellet ou la renaissance de la philosophie kabyle, Association Atout-Keur, le 1er juin.

1993. "L'intellectuel algérien et son élimination politique et physique. Du mouvement nationaliste à nos jours." Association des Echanges culturels nationaux et internationaux de La Roche-Sur-Yon, 13 décembre.

1992. "Le paradigme mohandien dans la poésie orale kabyle" Atelier Tradition orale maghrébine : pratiques et enjeux. Septièmes journées de l'AFEMAM. Toulouse, 6-7 8 juillet.

1991.

. "Poésie populaire berbère et recherches identitaires" Rencontre-débat autour de l'ouvrage La poésie populaire berbère de Arsène Roux (textes transcrits et annotés par Abdellah Bounfour) avec M. Gast, S. Chaker, A. Bounfour, Paris : Institut du Monde Arabe, 11 avril.

. "De l'expérience de lutte des femmes en Algérie", rencontre débat "Quelle place pour la femme dans le Maghreb d'aujourd'hui? Permanence ou rupture?", 3 mars. F.F.S.I., Aubervilliers.

1990.

. "Paradigme savant et syntagmatique collective. Le cas de deux poètes", intervention au séminaire Productions culturelles et acteurs sociaux dans les sociétés maghrébines (EHESS/CNRS,) 3 mai. 5

 

. "Discours et contre-discours dans la poésie féminine kabyle", Association Culturelle Tamazgha, El Kseur, Algérie: 8 mars.

"Yacine, les jeunes et l'expression rebelle", Colloque international Kateb Yacine. Université d'Alger, 28-29-30 octobre.

. "La langue mère dans l'oeuvre poétique et anthropologique farésienne", colloque Les langues maternelles au Maghreb. Association Idlès, Tizi-Ouzou, 15-16-17 octobre.

. En collaboration avec M.Virolle-Souibès "Pour une ethno-poétique maghrébine" Atelier "État actuel et perspectives des études berbères" Cinquièmes journées de l'AFEMAM. Paris : 10 juillet.

1987."Le mythe de la Kahéna dans Mémoire de l'absent de Nabile Farès, colloque Mythes, paroles d'hier et d'aujourd'hui. Université d'Alger, 1, 2, 3, 4 juin. Photo : DR

Farida Aït Ferroukh : le professeur qui vient de loin
 
Publié par Meziane Ourad
le 22.07.2021 , 11h0
Sa petite taille est en concurrence avec son cerveau.
Trop dense…
Quand on naît à l’hôpital Parnet, à Hussein-Dey, et qu’on pousse sur les rives de oued El-Harrach, le plus honteux cloître du monde, cerné par des tapis de verdure incroyable, on dort avec des questions.
On se réveille sans réponse ou rarement.
Née dans une grande famille ayant à sa tête un patriarche syndicaliste et lecteur compulsif, c’est tout naturellement qu’elle en est venue à aimer la littérature et la poésie, matières qu’elle analyse et enseigne aujourd’hui dans les universités parisiennes.
Sa maîtrise du kabyle l’a menée tout droit vers l’anthropologie.
Le kabyle était imposé par les parents à la nombreuse fratrie.
Il va lui falloir, tout de même, un sacré parcours de combattante pour atteindre le statut à la Sorbonne-Paris, cité qu’elle a étreinte il y a quelques années.
Le père, en éducateur interagissant, est-il fier de ce qu’est devenue sa fille ?
« Il ne le dit jamais. Pas directement mais il me le fait savoir », dit-elle.
Par exemple ses multiples interventions sur Berbère TV dérangeaient sa mère. Le père, énervé, recadré, alors la mère : « Elle n’est pas en train de danser ! »
C’est comme ça qu’il exprimait sa fierté.
Farida Aït Ferroukh, c’est l’histoire d’une petite fille d’Alger devenue grande grâce à une inépuisable énergie et de nombreuses et enrichissantes rencontres qui lui ont permis de se forger des convictions d’airain.
Tout a commencé peut-être avec le Printemps berbère 80. Elle était alors lycéenne à El-Harrach mais, libre ou libérée, elle s’est donné les moyens de le vivre de l’intérieur. Le risque en valait la chandelle puisque sa fréquentation assidue des animateurs du mouvement va l’aguerrir très tôt.
Très jeune, elle sait déjà les contours de son destin futur.
Sa rencontre avec Kateb Yacine dont elle a littéralement avalé l’œuvre qu’elle admirait, lui donne une sacré poussée dans le dos. Chercheuse en herbe, elle archive tout ce qui s’écrivait en ce temps.
Ce travail se concrétisera, quelques années plus tard, à la publication d’un recueil co-signé avec Nabil Farès, intitulé Poésie du tiroir qui est une véritable anthologie des textes épars, écrits par les étudiants militants du Printemps berbère.
Le père Aït Ferroukh a toujours fait confiance à sa fille. Quand je suis rentrée à l’école, il m’avait dit : soit ma ligne sinon démerde-toi. Si tu veux travailler tu le feras pour toi. Dans le cas contraire, tu rentres à la maison et tu te tapes le chiffon .»
Plus tard, il grondera ses frères qui n’ont pas apprécié qu’elle rentre en retard à la maison après son premier jour de fac.
L’histoire de Farida, c’est un peu celle de toutes les femmes algériennes qui ont dû fournir le double d’effort que leurs frères pour se bâtir une vie dans une société où les hommes s’octroyaient tous les droits.
Elle a ramé beaucoup, tenté un mariage qui a fini dans la douleur. Divorcée sans avoir de progéniture. Elle opte pour la solitude : « Mes enfants sont, je le sais désormais, mes livres ! », à vous enserrer le cœur…
Elle semble tout de même heureuse en s’accomplissant dans la recherche et l’écriture.
Dernier livre en date, un opus sur le groupe Debza à paraître à la rentrée chez Koukou Éditions.
Le divorce est un phénomène qui a dévasté ce qu’on appelle l’émigration culturelle, c’est-à-dire les dizaines de milliers de familles qui ont fui le terrorisme durant la décennie noire, pour se mettre à l’abri à l’étranger. Plus globalement en France.
Et en Algérie, combien sont-elles nos concitoyennes à subir le diktat des maris ou des pères et des frères ?
Le sort des femmes algériennes a toujours préoccupé Farida Aït Ferroukh qui a souvent recueilli leurs complaintes chantées.
Aujourd’hui elle s’estime libérée et pense définitivement que le mariage est un carcan. «  Les femmes comme moi font très peur, dit-elle. Je suis dans une autre vie... »
Kateb Yacine, auquel elle avait soumis ses premiers poèmes, lui a administré une petite leçon : « N’écoutez pas les gens. Si vous pensez que les hommes peuvent écrire sur vous, vous vous trompez. Il n’y a que les femmes qui peuvent écrire sur les femmes .»
Avec Yacine, Farida a appris la lucidité qui lui fait dire aujourd’hui à propos du Hirak  : «  Il m’a interpellée je ne sais pas où .»
M. O.

Tag(s) : #Biographies
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