Le village Kabyle.

Publié le par mohamed Tabèche

L’organisation sociale des villages de Kabylie était un exemple de démocratie laïque qui a suscité bien des débats, "Thajmaïth" pluriel "Thijmouya", ou "larch", pluriel "Larach", ont pu fonctionner efficacement pendants des siècles, sans policier, ni gendarme, ni militaire, ni garde champêtre, etc. Aujourd’hui, dans les discussions, il y a une confusion entre les organisations et les fonctions ancestrales authentiques, qui n'ont, certes plus cours aujourd'hui, mais dont il en subsiste quelques bribes, avec les organisations et fonctions introduites par les colonisateurs.

 

"Lamin" était un personnage clef dans l'organisation du village en Kabylie, président de Tajmaïth, il n'est pas un élu à proprement dit, il est désigné parmi les "Teman", pluriel de "Tamen" membres de cette dernière, représentants les groupes de familles "Adhroum" au pluriel "Idherman" c’est à dire quartiers du village. Sa nomination lui (Lamin) confère un pouvoir étendu et renforce le respect de tous les villageois. La durée de son mandat est indéterminée, elle dépend de sa capacité à conserver ses facultés physiques, mentales et aux différents facteurs liés à ses nouvelles alliances et de celles de ses proches : mariages par exemple. Dès qu'intervient un élément nouveau qui pourrait mettre en doute ces capacités, facultés ou intégrité, il demande à démissionner de son poste.

 

 Le choix de lamin par l'assemblée de Tajmaïth se justifie et tient compte :

- D'une certaine légitimité historique : ancienneté de sa famille dans le village et la      probité de celle-ci dans le village et dans la région.

- Du nombre de fois où il a été sollicité par les villageois pour servir de témoin et de  médiateur, dans les partages des biens, des propriétés et dans les conflits.

- De sa parfaitement maîtrise de l'ensemble des règles du "quanoun" et des traditions.

- De sa disponibilité dans "Tichemliyine" pluriel de "Thachemlith" : volontariat.

- De sa parfaite mémorisation des coutumes, des traditions, des alliances, des contrats,  des statuts des familles, du patrimoine culturel, artistique, littéraire, architectural...

- Du nombre de fois ou il fut sollicité comme confident.

 

Conseiller, médiateur, homme de confiance, dépositaire de la mémoire collective, protecteur intègre du (qanoun) et du code de l'honneur (annîf) qui assurent la sécurité des personnes, des biens, des familles, des communautés parentales …. Louman (pluriel de lamin) ont maintenu pendant longtemps les mémoires des villages et de la Kabylie, jusqu'aux environs du début de la révolution Algérienne en 1954.
 

Publié dans Mon village

Commenter cet article

Chaoui 12/08/2009 01:02

Bonjour,

Je t'invite à faire partie de la communauté "amazigh" afin de faire partager les informations de ton site

http://www.over-blog.com/com-1111639130/Amazigh.html

A bientôt

Tabèche mohamed 12/08/2009 10:09


Bonjour, merci pour l'invitation, j'accepte.


Fethi 06/08/2009 12:54

Je suis ému en lisant cet article car mes ancêtres sont originaires de Azrou-Kellal...et je me dis qeu l'histoire d'un village kabyle est (pratiquement) celle de tous les autres villages(kabyles)Bonne journée

Idir 31/07/2009 19:20

Ernest Renan, historien, philosophe et écrivain français (1823-1892) disait après avoir lu Hanoteau et Letourneux dans « La Kabylie et les coutumes kabyles anciennes» que l'organisation politique kabyle représentait l'idéal de la démocratie, telle que l'avait rêvée leurs utopistes. En effet, est-il besoin de rappeler que bien des états construisirent leur démocratie à l’exemple de l’assemblée du village de Kabylie. C’était, en effet, un modèle de démocratie où tout ce qui composait l’ensemble des lois et règles de la société Kabyle, était unique en son genre. Citer quelques exemples serait abuser de cet espace mais je rajouterai simplement ceci : Lors de l’assemblée générale du village où tous les citoyens majeures et valides étaient tenus de se présenter, celui qui ne prend pas la parole alors qu’il est connu pour son savoir, est mis à l’amende et celui qui ne sait pas grand-chose, s’il ose prendre la parole, il est aussi passible d’une amende. Si seulement cet exemple d’organisation pouvait servir de nos jours. Merci de nous rappeler toute la sagesse de nos aieux.

gene 31/07/2009 01:19

c'est un peu le patriarche et le sage du village. rôle passionnant mais difficile! bonne nuit