Smadhi Saïd - première partie.
Sidi Saïd n At Sidi Slimane
Smadhi Saïd est né le 12 août 1932, au village de Taourirt El Hadjadj, dans la commune de Béni Yenni.
Nous l’avons filmé en mai 2013, dans son bureau d'avocat à Alger, Rue Ali Boumendjel. Ce jour-là, il a accepté, avec simplicité et bienveillance, de répondre à nos questions. À travers ses mots, il a fait revivre des souvenirs d'enfance, mêlant sa propre histoire et celle des personnes du village et des fragments précieux de notre mémoire collective, étroitement liés à la Révolution.
J’ai longtemps hésité avant de rendre public cet incroyable témoignage. Une part de moi craignait de trahir sa discrétion naturelle. Une autre, plus intime encore, relevait d’un sentiment difficile à expliquer, celui de l’élève face à son premier professeur des années cinquante. Cette retenue, presque respectueuse, m’a longtemps freiné.
Mais avec le recul, cette hésitation n’avait sans doute pas lieu d’être dès lors qu'il s'était déjà confié au public à la baptisation de l'école du village du nom de son frère, Si Mohamed Amokrane, tombé au champ d'honneur en 1961. Connaissant sa générosité et la finesse de son intelligence, il savait parfaitement que s’exprimer devant une caméra, c’est accepter d’être entendu au-delà du moment présent. Il assumait pleinement ses paroles, comme il assumait son parcours.
Il était fier des personnes qu’il avait croisées, de ses anciens élèves, de ses compagnons de route, de ses engagements et de ses actes. À travers ce témoignage, c’est cette fierté lucide et digne qu’il nous transmet, une parole rare, précieuse à partager...
Remerciements aux collaborateurs suivants :
Amirouche Toum, Cherif Smoun et
Slimane Tadjer, pour la partie musicale avec un air de Dda Chrif.
Smadhi Saïd - deuxième partie
Il est utile de souligner que, dans ses témoignages, l’auteur se contente de relater les faits tels qu’il les a vécus, sans jamais chercher à imposer un jugement personnel. Il expose les événements avec une retenue remarquable, comme si les exactions évoquées demeuraient encore, dans sa conscience, des affaires en suspens, appelées à être jugées avec discernement plutôt qu’avec passion.
Ses propos, mesurés et empreints de sagesse, traduisent une volonté constante de rester fidèle à une forme de justesse et d’équité. On y perçoit une rigueur morale, presque une sévérité intérieure, forgée dans l’épreuve. Cette retenue n’est pas le signe d’un détachement, mais au contraire celui d’une profonde maîtrise de soi, acquise au prix de douleurs qu’il a toujours gardées en lui.
Parmi ces épreuves, la perte au maquis de son frère, Mohamed Amokrane, de vingt ans son aîné, en juin 1961 à Aït Saada, constitue sans doute l’une des plus marquantes. Pourtant, même face à un tel drame, l’auteur n’a jamais cédé à la tentation de l’emportement ou de la rancœur. Il a choisi le silence et la dignité, laissant à ses mots une sobriété qui renforce, paradoxalement, la force et la portée de son témoignage. Il revient brièvement sur l'enlèvement et l'exécution de trois personnes du village, pour des raisons qui nous échappent encore à ce jour...
Smadhi Saïd - deuxième partie
Il est utile de souligner que, dans ses témoignages, l’auteur se contente de relater les faits tels qu’il les a vécus, sans jamais chercher à imposer un jugement personnel. Il expose les événements avec une retenue remarquable, comme si les exactions évoquées demeuraient encore, dans sa conscience, des affaires en suspens, appelées à être jugées avec discernement plutôt qu’avec passion.
Ses propos, mesurés et empreints de sagesse, traduisent une volonté constante de rester fidèle à une forme de justesse et d’équité. On y perçoit une rigueur morale, presque une sévérité intérieure, forgée dans l’épreuve. Cette retenue n’est pas le signe d’un détachement, mais au contraire celui d’une profonde maîtrise de soi, acquise au prix de douleurs qu’il a toujours gardées en lui.
Parmi ces épreuves, la perte au maquis de son frère, Mohamed Amokrane, de vingt ans son aîné, en juin 1961 à Aït Saada, constitue sans doute l’une des plus marquantes. Pourtant, même face à un tel drame, l’auteur n’a jamais cédé à la tentation de l’emportement ou de la rancœur. Il a choisi le silence et la dignité, laissant à ses mots une sobriété qui renforce, paradoxalement, la force et la portée de son témoignage. Il revient brièvement sur l'enlèvement et l'exécution de trois personnes du village, pour des raisons qui nous échappent encore à ce jour...