Poèmes du Djurdjura

Publié le par Med Tabèche

KABYLIE

Je t'aimais, Kabylie, avec tes hautes cimes,

Tes rochers suspendus au-dessus des abîmes,

Tes forêts, tes ravins et tes âpres sentiers

Bordés de chênes verts, de frênes, d'oliviers.

 

Là, sur le roc pointu, défiant la tempête,

Les cèdres vigoureux lèvent bien haut la tête,

Et leurs vieux troncs battus par la foudre, les vents,

Résistent néanmoins depuis plus de mille ans.

 

Là, dans les trous profonds de la roche élevée,

Les aigles, les vautours élèvent leur couvée ;

Et les singes aussi, quand arrive l'hiver,

Comme de vieux rentiers vont s'y mettre à couvert,

 

Sur le bord des ravins creusés par l'avalanche,

Le tronc déraciné sur l'abîme se penche,

Tandis que remplissant la forêt de son bruit

Le torrent roule et gronde et le jour et la nuit.

 

J'aimais de Tirourda la haute et rude pente,

Ses gorges, ses tunnels, sa route qui serpente,

Ses énormes rochers croulant avec fracas,

Rencontrant d'autres blocs et volant en éclats.

 

Quand le soleil brillait dans le ciel sans nuages,

Quel effet merveilleux faisaient tous ces villages

Qui sur le haut des monts solidement assis,

Comme des châteaux-forts dominaient le pays...

 

Sous son vaste manteau de neige et de verdure,

Avec l'horizon bleu lui servant de ceinture,

La Grande Kabylie incontestablement

Est un âpre pays... mais un pays charmant.

                                                            J. DURAND (février 1953)

 

Mon Pays

 

Sous le soleil azuré le Djurdjura se dresse

Et son ombre s’étend sur le pays Kabyle.

La brise du matin comme une fée caresse

Les vergers des coteaux et la plaine fertile

 

Mon pays bien-aimé chante dans l’allégresse

Ses oliviers noueux et ses figuiers graciles

Sur la crête des monts se déroule la tresse

Des villages coquets avec leurs toits de tuiles.

 

Tout le monde connaît les belles qualités

Du paysan tenace, de l’artisan habile

Vivant dans la vertu de la simplicité.

 

Dans la paix, le bonheur et la prospérité

Tu vivras, c’est le vœu de tes fils en exil

O terre des aïeux où nos cœurs sont restés

 

                                                   Hocine Benhamza (juin 1954)

 

 

Poèmes du Djurdjura
Poèmes du Djurdjura

Yemma Xliğa

 

Ttxilwat a ssyadi lεulama
Tawim abrid mi tessnem,
Eğet Rebbi di ccɣel-is
Ad yeg yes-s yesteḥsen
Netta d aḥnin d rraḥim
Lḥila yexzen yessen,

 

Yentaq Γars yiwen

Ayemma Xliğa Tukrift
Nusa-d anzur ar  ɣur-m
Si lebaid i d nebda asurif

D ṭṭelba seg ygawawen

Γas ḥesbaɣ seg warraw-im
Akniwen ad teẓluḍ yiwen

 

Terra-asen-d

 

A Rebbi efk-d ameččim
A d iɣelli d alawen

Ad tergel tizi n Kwilal (Tamcumt)
D itsaken igawawen
Tamussni-nsen d aɣilif
Lemḥibba-nsen d asawen
Ma tebbim-d azal n sin
Ekert ad tezlum yiwen

Lexwan:

Yemma Xdija n tezruts, Tasedda deg safliwen;

Aqlagh n usa-d ar ghurem, D laxwan seg Gawawen;

Ma t'hemmeld-agh s tidets seg wul,

Zluyagh yiwen seg axfiwen.

Yemma Xdidja:

Awah a y adfel ewwet, Xas essu deg w a3lawen,

Ergel tizi tamcumt, ansi i tekken Igawawen,

Lemhibba-nsen d tamessast, Tamusni-nsen d asawen,

Ma tebbwim-d azal n sin, 3eddit a tezlum yiwen.

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