Arav Ath Amer (Ould Amer) d’Ait Saada

Publié le par Idir Aït Mohand

Ait-Saada-Arav.jpg"Un nom très connu dans ma région de Kabylie et souvent cité comme étant un exemple de grande sagesse et de savoir, revient fréquemment dans les discussions. Il s’agit de Arav Ath Amer dont le legs tient dans ce nom qui s’est transmis de père en fils depuis plusieurs générations. Le cas qui nous intéresse est celui de Arav (dernier du nom) dont le père, orphelin dès l’âge de trois ans, s’illustra par ses multiples talents de grand homme dont le parcours fut très brillant. Se voyant partir sans laisser de descendant masculin, il se lança le pari fou d’épouser une jeune femme et tenter l’impossible afin de pérenniser la dynastie.

A l’âge de quatre vingt huit ans, la nature le combla d’un garçon et six ans et demi plus tard, il décéda laissant ainsi le petit orphelin livré à lui-même. Dès son jeune, Arav dut se débrouiller pour survivre et, tout comme son père, il se révéla être un homme doué de plusieurs talents. Quand, pour la première fois, il alla se faire inscrire à l’école, le préposé aux inscriptions lui conseilla d’aller, plutôt, se marier car paraissant trop âgé à sept ans. Pour lui, ce rejet fut une motivation supplémentaire pour apprendre et toujours apprendre jusqu’à devenir une encyclopédie vivante. En effet, arav est un homme de culture maîtrisant aussi bien le verbe que la poésie, c’est une source intarissable de connaissances malgré son illettrisme.

Sur ma proposition, mon ami Tabèche du web, non moins homme de culture et amoureux de la nature, a fait un long déplacement avec sa caméra pour rencontrer Arav ath Amer qui nous a reçu sur les lieux mêmes de son pâturage. Lors de la discussion, le tic de mon ami ne pouvait pas m’échapper lorsque Arav fit référence à un passage de tel ou tel livre, lui qui n’a connu point d’école. Et oui ! Ce séduisant personnage achète son journal, va au café du village et trouve toujours quelqu’un pour lui en faire la lecture moyennant une consommation. Quant aux livres c’est pareil, il dira qu’il paie pour cela. Sa soif inassouvie de tout savoir, l’a poussé à faire de longs voyages à la recherche de l’information. Arav dira qu’il aurait aimé questionner les oiseaux, la faune et la flore s’il en avait les moyens.

Mon ami Tabèche est reparti avec, dans ses bagages, un portrait atypique qu’il a mis sur ses blogs afin de le partager avec le public. Je vous invite donc à cliquer pour découvrir cet instantané du moment avec « Arav Ath Amer (Ould Amer) d’Ait Saada »."                                     Idir Aït Mohand
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