Le petit Boussouil, "Inker n Temda" (gouffre).

Publié le par Med Tabèche

Les réalisations d'infrastructures, projets de constructions, l'aménagement en zones protégées ou sensibles ont souvent pour conséquences des catastrophes écologiques que rien ne justifie. A croire qu'au préalable, on ne fait pas d'études sérieuses et approfondies sur ces projets, résultats :

- des tensions avec les populations,

- des catastrophes écologiques,

- perte de temps et d’argent.

Sans oublier la dépréciation rapide des infrastructures aux milieux inappropriés, on dit que "la nature reprend toujours ses droits", heureusement ! C’est ce qu’on peut constater pour certaines réalisations et projets de construction au parc national du Djurdjura.

            Je citerai le cas du Boussouil où un stade olympique a été construit. A l'époque un grand nombre de responsables, de journalistes et même des jeunes férus de foot, louaient et ventaient cette infrastructure sportive plantée en plein cœur du Djurdjura à 1700 mètres d'altitude en ignorant ou en feignant les conséquence sur l'environnement et sur la population. Les petites voix d'associations et d'amis de la nature, n'ont pas porté loin pour convaincre les décideurs, rien n'a pu empêcher la réalisation de ce stade, même l'opposition catégorique et coûteuse des responsables du Parc.

Seuls les populations environnantes, les amis de la nature, les spéléologues et quelques scientifiques, ont pu percevoir ou imaginer l'ampleur des dégâts causés à la plaine, à l'eau qu'elle draine et au gouffre qui sert de déversoir. Voir l'article

 

Au début des années quatre vingt dix nous avons exploré une nouvelle fois le gouffre le petit Boussouil ou "Inker n Tamda". Mes compagnons et moi avons réalisé à l'intérieur un document vidéo, sur le gouffre et la spéléologie en Algérie. Confié à un responsable à l'ENTV, (qui reconnaissait les qualités techniques du documentaire), pour une éventuelle diffusion à la télévision, qui n'a jamais eu lieu et nous n'avons jamais revu le film, mais ça, c'est une autre histoire.

 

Dans mon projet de parler des endroits du Djurdjura qui retiennent l'attention, je me suis évertué à décrire la beauté de ce petit gouffre, que l'eau et la nature ont mit des milliers d'années à façonner, même si je n'ai plus d'images, tout est encore dans ma tête. Tous ce qu'on peut rencontrer dans la pratique de la spéléologie ou en géologie est là dans le petit Boussouil, il est aussi un très bel exemple du rôle hydrologique, que peut jouer un gouffre. Nous (les spéléologues) avons longtemps rêvé d'en faire une école nationale de spéléologie, qui peut recevoir des jeunes de tous le pays pour des formations diverses. Le relevé topographique et la partie du texte de description du gouffre, qui devaient accompagner ce petit article ont été supprimés, car obsolètes par rapport à la situation grave dans laquelle il se trouve maintenant. Vous comprendrez aisément avec cette photo de nos amis GRIMP10 .

 Quand allons nous arrêter de causer des dégâts à la nature ?

                                                                                                         Novembre 2011, Moh. Tabèche

Inker-n-Temda-GRIMP-10.jpg

Publié dans EchoLogique

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