Ifri l’Hemam, Aït Boumehdi

Publié le par moh Tabèche

   

     Les problématiques liées à l'eau sont une donnée permanente et universelle à notre époque. Pourtant l'eau est la ressource naturelle la plus abondante sur la terre, mais mal répartie et peu respectée, elle est devenue rare, même très rare, dans certaines régions du monde.

    Le massif du Djurdjura constitue, pour la région et le pays un immense château d'eau naturel, dont l'équilibre est très fragile. La moindre petite source est très importante pour les êtres vivants et l'environnement, de ce fait, elle doit être préservée.  

     Les mythes et les légendes nous apprennent que des génies, gardiens de la nature, sommeillent dans chaque cours d'eau, chaque arbre, chaque endroit et en chaque animal sauvage. La malédiction s'abat sur tous ceux qui souillent une source, un cours d'eau, ou détruisent la nature. Peut être devrions nous méditer et réhabiliter "les chartes" de préservation de l'environnement, qu'ont instaurées les anciens ?

 

   Dans le village d'Aït Boumehdi, à six cents mètres d'altitude, au pied de la main du juif « Thaletat » dans le Djurdjura, coule une fontaine appelée Thala l'hemam. C'est une source importante qui coule depuis des temps immémoriaux, (elle pourrait même être une des raisons de l'implantation du village). Captée bien avant 1945 puis réaménagée en 1976, cette source alimente le château d'eau de Ouacif d'une capacité de 500 mètres cubes et la fontaine du village, qui continue traditionnellement à servir la population.

   A l'initiative d'un responsable des services des eaux de Tizi-Ouzou, accompagné d'un hydrogéologue de l'université Mouloud Mammeri, membre du SCAY (Spéléologie Club Ath Yenni), une équipe est composée pour l'exploration de la source située dans une grotte du même nom à une vingtaine de mètres en amont.

 Travaux à effectuer dans Ifri l'Hemam:

- Nettoyage de la grotte et désobstructions des passages.

- Etablir une topographie de la grotte.

- Vérifier le débit de la source et son évolution dans le temps.

- Effectuer toutes opérations nécessaires à l'améliorer du débit et réduire     les pertes possibles.

 

    Comme la plupart des nombreuses grottes du Djurdjura, la formation d'Ifri l'Hemam remonte au début du quaternaire, l'action dissolvante des eaux souterraines était l'une des causes de sa formation qui a duré plusieurs milliers d'années.

Après avoir enfilé nos équipements, nous nous sommes engagés dans la grotte par l'entrée ouest; au plafond très bas en certains endroits, en rampant sur les dépôts argileux humides. Cette partie de la grotte était un réseau actif fossilisé, comme en témoigne le charriage important d'argile et d'agrégats, qui ont colmaté les passages d'eau et ont détourné son cours vers de ténébreuses cachettes. Seul un petit filet d'eau traverse le coin de la salle de l'échelle (nous avons égaré une échelle en aluminium de 10 mètres à l'intérieur), autre témoin de l'activité ancienne du réseau. A quelques mètres de l'entrée à droit, on distingue une grosse stalactite étêtée, d'une trentaine de centimètres de diamètres, transformée en colonne penchée, qui résulte d'un déplacement horizontal probable du plafond, sur une cinquantaine de centimètres environ. Ce déplacement est le résultat probable d'un glissement de terrain ou d'un tremblement de terre aux temps les plus reculés. Aucune issue de ce coté, nous faisons marche arrière, pour nous diriger vers la partie Est de la grotte, plus petite et plus étroite encore.

Au niveau de la seconde entrée une quantité importante de blocs de pierre gênent le passage, après avoir dégagé le tunnel, on aboutit à une petite salle en forme de poche, traversée par un petit ruisseau encombré de pierres lui aussi. L'évacuation des blocs imposants qui a durée des heures a permis au petit ruisseau de s'écoule désormais sur un lit sablonneux, propre et sans obstacle. L'accès à la dernière salle se fait à plat ventre par une étroite fente faite par l'eau, inévitablement un bain forcé pour chacun, on nomme donc cet endroit « salle des bains ». Apres avoir évacué les derniers blocs de pierre nous nous sommes engouffrés à cinq dans cette petite salle pour effectuer le teste à la fluorescéine et d'autres mesures. Un grand bloc, d'une demi tonne environ est le dernier obstacle de la partie visible du cours d'eau, qui marque aussi la fin de la progression dans cette grotte. Il serait utile de revenir avec plus de moyens pour, au moins, déplacer ce grand obstacle.

Le nettoyage du cours d'eau, avant le captage, a certainement réduit mais pas supprimé les pertes de débit estimées à deux ou trois litres seconde, sûrement à cause de la perméabilité du lit et par les obstacles en amont du grand bloc.

Le débit intérieur est d'un peu plus de six litres seconde, mesuré avec des moyens rudimentaires. De sa source, à l'intérieur de la grotte, l'eau met cinquante trois secondes pour arriver à la fontaine.

 

Mesures en litres/seconde, effectuées en différentes périodes.

 

Mois   Années  Débits

Avril   1948      12.63

Août   1948       3.80

Sept    1948       4.15

Août   1950       4.83

Août   1974       4.21

Sept.   1990       4.27

Nov.   1990       5.00

 

Nous espérons que notre visite a fait plaisir au génie de la source et que cette dernière coule toujours pour le bonheur des villageois et des oiseaux.   

Plan Ifri l'Hemam 

Ifri l'hemam 1

Ifri l'Hemam ,coupe salla des bains

Aït Boumehdi

Publié dans Eau

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Bouhedli Mohamed Nassim 09/09/2016 22:51

Merci pour l'article de la part de Mr Bouhedli Mohamed Nassim

eva48 04/04/2009 01:42

bonsoir,je vous ai trouvé en passant par le blog de gene,c 'est curieux,hier je dialais avec un kabyle, et aujourd'hui je découvre votre blog
j' ai eu l' occasion de venir dans vore beau pays voici près de 30 ans,je reviendrais sur votre blog,à bientôt
éva

gene 03/04/2009 16:06

bonjour , je vous ai tagué, c'est une manière de mettre des blogs à l'honneur , à votre tour, si vous le voulez bien, vous pouvez mettre 4 blogs que vous désirer faire connaître. Ce n'est pas une obligation, juste un suggestion. Je vous remercie; pour la marche à suivre voir mon blog. bonne journée

Tabèche mohamed 03/04/2009 16:38


Bonjour gen, merci pour votre tague, ça doit être certainement quelque chose d’intéressant, franchement c’est encore du chinois pour moi, ça viendra sûrement, mais pour le moment je tente de
régler les problèmes de présentation de mon blog. J’ai recommandé votre blog et le visite régulièrement, étant aussi un autodidacte, il se pourrait que je m’y remette et dédierais un blog à
ça.


al 26/03/2009 12:07

Bonjour,
L'eau? C'est tout l'enjeu de ce siècle -cf la réunion qui s'est tenue en Turquie la semaine passée-. La kabylie en dispose de façon suffisante à l'état naturel, mais les populations sont-elles conscientes de la valeur des sources et autres cours d'eau qui existent? à voir.
Amitiés.

Tabèche mohamed 26/03/2009 14:32



Bonjour Al,
Je pense que la génération actuelle est peu ou pas consciente des problèmes, de la nature en générale et de l’eau en particulier, ce n’est pas propre à notre pays (quoi qu’elle ait certainement
d’autres chats à fouetter). Gene, constate la même chose, les sources et les cours d’eau de sa région en France, pollués ou à l’abandon. Rien qu’à voir les anciens ouvrages, des fontaines des
sources et des cours d’eaux, on comprend l’importance que représente l’eau pour les anciens.      



gene 24/03/2009 14:46

Chez nous, les sources sont abandonnées , se perdent, ou sont polluées , un vrai gaspillage, c'est pour cela d'ailleurs que j'ai décidé de faire connaître ses endroits.

Tabèche mohamed 24/03/2009 16:33



Oui, c’est bien, continuez ; je pense que les initiatives individuelles sont plus porteuses que les rencontres étatiques. Du 16 au 22 mars 2009, c’était des tables rondes des
ministres et des chefs d’états au 5ème Forum mondial de l’eau, pour des engagements et déclarations à fin de faire face aux défis mondiaux liés à l’eau.