Des archives en danger

Publié le par mohamed Tabèche

Par: Aomer Sider.

      Tous les chemins mènent à Larbaâ Nath-Irathen. Et chaque jour que Dieu fait, des gens lui viennent de toutes les communes dont elle a été la lointaine aïeule pour se faire établir des extraits de naissance (de ceux qui sont nés avant 1947) auprès de son APC. Le siège de celle-ci est un édifice de 3 étages dont le dernier s’ouvre sur la place Abane Ramdane où est érigée la statue du héro.

 

   Le Rez-de-chaussée réservé au service de l’état civil, ne désemplit pas. Il est pris d’assaut dès les premières heures de la journée. Bien que le service soit réorganisé ces derniers temps chaque Daira son guichet, l’attente est longue, il faut s’armer de patience, pourtant ces agents travaillent sans refus aucun et l’accueil de leur part est correct. On se surprend même à les prendre en estime. Seulement en attendant ce sésame et en mettant son égoïsme de coté, on ne peut s'empêcher de juger la situation.

   Ainsi pour chaque prestataire ils doivent ouvrir ces fameux registres « archives »?  Alors on s’étonne, on s’inquiète et on se pose, à juste titre, la question : tiendront-ils encore longtemps ? Impossible, car connaissant leur âge, et vu la fréquence de leur manipulation, quelles que soient les précautions que prennent les utilisateurs, ces documents ne résisteront sûrement pas.

 

    Le constat étant fait, il est à notre sens, urgent de trouver des solutions au bénéfice du citoyen bien sûr, mais surtout pour sauver ces registres de l’irréparable. Au-delà de leur utilité administrative, ils ont une valeur « d’archives historiques ». Rappelons pourquoi ?

   

    Avant, en Algérie, il n’y avait pas de nom patronymique (Lien) c’est le colonisateur français qui l’a introduit dans le but de recenser la population autochtone. Le recensement général a été finalisé en 1891, année qui a servi de référence pour ceux qui sont nés antérieurement. Des registres matrices ont été alors confectionnés sur la base des arbres généalogiques des tribus. Depuis, toutes les naissances, mariages et décès ont été (ou devaient être) enregistrés.

 

   Larbaâ Nath-Irathen (ex- Fort National) a été la 1ère commune mixte (plein exercice) dans la région. Elle a étendu son pouvoir (entre 1892 à 1946) à plus de 60 km . Des caïds désignés ont joué le rôle de liaison administrative et d’autorité locale. En 1947, des centres municipaux ont été créés et dirigés par des nationaux issus des élections générales. Dès lors, ils ont pris en charge leur propre état civil. En parallèle, chacun de son côté, a recopié sur des cahiers (petits registres) tous les enregistrements (de la période suscitée) qui le concernent. Ces cahiers n’ont toutefois pas transité par la justice. Cependant, que s’est-il passé pour qu’ils soient frappés d’illégalité par décret ministériel depuis plus de dix ans(en 1997?) alors qu’ils ont été toujours valables auparavant ? Mais là, c’est une autre histoire…

     Ceci dit, si cette situation ressemble à un retour aux sources, une chose est sûre : elle ne l’est pas par nostalgie.            

                                                     Avril 2011 Aomar  Sider 

Publié dans Histoire

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